En montagne, un groupe qui s’invente

En montagne, un groupe qui s’invente

Direction le Massif central, entre Aurillac et Saint-Flour, là où montagne se conjugue avec ruralité. La créativité prend le pouvoir pour faire exister d’abord puis fonctionner un groupe scout qui prend peu à peu son essor. Pas de doute : la mobilisation est payante et permet d’offrir du scoutisme à des jeunes, au plus près de chez eux même si c’est parfois à plus d’une heure de route… Anne, co-responsable du groupe Vercingétorix explique les choix qui ont conduit à une jolie réussite qui continue de se construire.

Grâce à l’obstination d’un adulte appuyé par un diacre, la commune de Saint-Flour (15) voit renaître en 2015 un petit groupe de Scouts et Guides de France. Un an après, 13 jeunes de tous âges y vivent du scoutisme. Tout s’arrête avec le  COVID-19 et le redémarrage s’avère très difficile. En 2024, les responsables de groupe décident de se retirer, et il est très compliqué de trouver des maîtrises… L’obstination de quelques parents prend le relais.

Les parents se mobilisent en  Équipe

Premier objectif : trouver des chefs et cheftaines ! Les parents s’investissent ; il faut se montrer ! Articles dans la presse, annonces lors des messes, animations dans différents lieux… finissent par payer. Anne et Bastien acceptent de coordonner l’ensemble en devenant responsables du groupe. Les enfants sont très motivés et poussent les parents. Pourtant, certains habitent loin et mettent une heure et demie pour venir. Mais covoiturage et organisation des activités leur permettent d’être toujours présents.

Fonctionner autrement

« Aujourd’hui, nous avons 50 jeunes au total et 20 parents actifs. Potentiellement il y a 20 jeunes qui veulent entrer dans le groupe l’an prochain… ». Pour remédier aux questions de distance, le groupe ne fait que des week-ends, regroupant toutes les tranches d’âge et un certain nombre de parents – anciens animateurs, enseignants, forts d’avoir été portés par leurs enfants, en particulier farfadets – font de l’animation. « Nous sommes en montagne et il est difficile de camper en toutes saisons… Pour l’an prochain, nous allons tenter de faire plus de week-ends en début et fin d’année. ». En hiver, un très grand gîte permet à tous et toutes de se retrouver pour vivre du scoutisme. Une ou deux mamans préparent les repas avec l’aide de jeunes ; « on veille à ce que les jeunes participent aux tâches transverses, en particulier à la cuisine, car on se met alors véritablement au service de toutes et tous, et c’est important qu’ils le ressentent. »

Imagination et persévérance aux manettes

Le groupe commence à être plus visible et ne se prive pas de le montrer, notamment dans les paroisses, afin de recruter des maîtrises. Et ça marche ! Ainsi Alex, scout du Burundi et étudiant à Aurillac, les a contactés à une sortie de messe et a intégré le groupe. Deux jeunes animatrices du pélé VTT1 ont aussi pris contact. Le groupe est prêt à financer les BAFA ; des jeunes de première et terminale rejoignent des maîtrises car « nous n’avons pratiquement pas d’étudiants sur place » explique Anne. « On s’appuie aussi beaucoup sur notre aumônier qui vient de fêter ses 80 ans ! »

Ainsi, peu à peu, le groupe Vercingétorix se développe et se consolide. Un exemple qui démontre l’efficacité des capacités d’adaptation au sein du mouvement, au service d’un scoutisme de qualité ! Une expérience inspirante qui montre qu’avec de l’imagination, de la persévérance et un fort engagement collectif, le scoutisme peut continuer à grandir.

1 En savoir plus sur le pélé VTT

Le pélé VTT est une initiative de l’Église catholique ouverte à tous les jeunes, baptisés ou non. L’organisme propose un pélerinage de 5 jours à vélo avec d’autres jeunes, en direction d’un sanctuaire marial ou d’une cathédrale.