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« L’engagement, c’est habiter le monde » : les SGDF au cœur des débats sur la jeunesse

« L’engagement, c’est habiter le monde » : les SGDF au cœur des débats sur la jeunesse

Mardi 6 octobre, les Scouts et Guides de France (SGDF) et 300 participants se sont rendus à l’Assemblée nationale pour les 10 ans du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ). Ils et elles ont assisté à des tables rondes concernant la place des jeunes dans la société : l’engagement, l’insertion professionnelle, et des sujets d’actualité liés aux mobilisations lycéennes et étudiantes en cours depuis mi-septembre.

« Être invitée avec les SGDF pour les 10 ans du COJ était une très belle expérience »

Parmi les personnalités présentes pour cet évènement anniversaire, se trouvaient la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, la ministre chargée de la Jeunesse, Marina Ferrari, ainsi que la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache. Et d’autres invités tels que le délégué interministériel à la jeunesse et plusieurs cadres du secteur associatif et syndical.

Au-delà de ces rencontres institutionnelles, les échanges ont notamment porté sur les parcours d’engagement et les revendications des jeunes. Antoine, administrateur de l’association et représentant des SGDF au sein du COJ, témoigne : « Nous avons assisté à des échanges entre ministres, syndicats et acteurs associatifs sur l’insertion des jeunes et leurs parcours d’engagement, notamment dans l’éducation populaire. Aussi, les SGDF ont pu s’associer à la prise de parole du CNAJEP¹ – tête de réseau de l’éducation populaire – pour inviter le Gouvernement à entendre les revendications des lycéens et lycéennes mobilisées pour leurs conditions d’enseignement. »

L’importance accordée à la parole des jeunes a également marqué Valentine, 22 ans, représentante des SGDF au sein du COJ. Elle retient notamment la force des interventions des lycéens et des étudiants face aux responsables politiques : « Je me souviendrai des propos percutants sur les manifestations et revendications lycéennes et étudiantes des jeunes qui se sont adressés aux responsables politiques présentes. Leurs discours étaient vraiment impactants, réfléchis et argumentés. »

Ces échanges invitent aussi à réfléchir à ce que signifie s’engager au quotidien. C’est ce qui a marqué Anaïs, 22 ans, cheftaine pionniers-caravelles (jeunes de 14 à 17 ans chez les SGDF) : « une phrase m’est restée : “ l’engagement, c’est habiter le monde”. J’y vois une manière de dire que l’ensemble de nos actes sont engagés, qu’il n’y a pas besoin de faire de grandes choses pour se dire engagé. Mais habiter le monde ce n’est pas seulement passer, c’est y prendre sa place. Le monde ne doit pas être un endroit que l’on subit, mais un endroit où on a le devoir d’agir. ».

Au COJ, les SGDF font entendre la voix des jeunes

Au COJ, les Scouts et Guides de France portent leurs convictions éducatives aux côtés d’autres acteurs de l’éducation populaire, d’associations étudiantes (Animafac, RESES), d’organisations représentant les jeunes (conseils de vie lycéenne, conseils régionaux de jeunes, 100 % Handinamique…) et aussi d’associations organisatrices de séjours collectifs ou engagées dans l’insertion des jeunes.

Ensemble, les membres du COJ croisent leurs visions du monde et formulent des recommandations sur les politiques de jeunesse pour mieux reconnaître et valoriser l’éducation populaire et ses méthodes — l’apprentissage par l’action et entre pairs —, mieux soutenir les associations qui les font vivre et donner davantage de place à la voix des jeunes.

Au sein de cette instance, les SGDF défendent les convictions au cœur de leur projet éducatif : l’émancipation des jeunes, la place de leur parole et de leur engagement, ainsi que le respect des droits de l’enfant.

Pour Valentine, « représenter le mouvement au sein de cette instance est une chance, celle de porter nos voix sur des sujets qui nous animent profondément en tant que Scouts et Guides de France : la jeunesse, notre planète, l’éducation, la démocratie… ».

1 : Le CNAJEP, Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire, réunit plus de 70 mouvements nationaux de jeunesse et d’éducation populaire, qui rassemblent près 100 000 associations locales, mobilisent plus de 500 000 jeunes engagés dans des projets et concernent plus de 10 millions de personnes (enfants, jeunes, adultes).

Faisons confiance à la jeunesse de notre pays ! 

Faisons confiance à la jeunesse de notre pays ! 

Depuis quelques jours, des centaines, puis des milliers de lycéennes et de lycéens se mobilisent pour leur droit à recevoir une éducation dans de bonnes conditions, des enseignants supplémentaires ou au moins remplacés, mais aussi pour exprimer des inquiétudes importantes sur leur avenir dépendant notamment de Parcoursup dont chacun sait l’imperfection. Face à ces revendications, la réponse a été d’abord répressive tant par l’institution qui a installé la confrontation comme réponse, que par des adultes peuplant les plateaux télés, s’exprimant à la place des jeunes, refusant de traiter sérieusement leur parole et appelant sans arrêt à condamner la violence comme si le problème se résumait à cela. Trop peu se tiennent à leurs côtés à l’image d’enseignants, de personnels de l’éducation nationale ou même de parents.

Savoir écouter

Nous pensons que nous devons écouter. Il nous semble que ce moment n’est pas un épisode, une séquence, ni même un désordre qu’il conviendrait de contenir. Ces jeunes expriment une colère au cœur d’une société qui semble avoir renoncé à les écouter, à les entendre et à les comprendre.

En tant que dirigeants des Scouts et Guides de France, plus important mouvement d’éducation populaire en France avec plus de 100 000 adhérents, nous avons besoin de dire notre envie de faire confiance à la jeunesse. La confiance est le fondement même de la relation éducative, elle nous appelle à refuser de considérer un jeune comme un suspect avant même que le dialogue ait commencé.

Une rupture de confiance

Les jeunes ne sont pas responsables de la rupture de confiance qui les place aujourd’hui dans cette situation. La responsabilité est d’abord institutionnelle. Notre société porte des exigences élevées vis-à-vis des jeunes à travers une vision méritocratique, que ce soit sur les plans de l’instruction, de l’engagement, de l’éducation non formelle. Elle doit en assumer les conséquences et apporter les conditions matérielles qui en découlent.

Bien sûr, la méfiance voire la défiance envers les jeunes au moment où ils prennent la parole dans l’espace public, n’est pas nouvelle. Mais rappelons-nous : la confiance se donne avant de se recevoir.

La confiance plutôt que la violence

La confiance dans la jeunesse est la condition pour faire société.

La violence n’est pas une solution. La violence exercée contre des jeunes qui se mobilisent n’est pas moins condamnable que la violence commise par certains d’entre eux, au contraire. Réprimer fortement l’expression d’une jeunesse qui a des revendications légitimes, c’est ajouter de la rupture à la rupture.

Ce chemin de la confiance est difficile pour nous, les adultes, et tout mouvement d’éducation que nous sommes nous n’avons pas toujours été à la hauteur de cette confiance. Pour autant, chaque semaine, chaque week-end, des dizaines de milliers de jeunes et d’éducateurs et éducatrices de notre mouvement se réunissent avec comme outils la méthode éducative du guidisme et du scoutisme qui promet de former des citoyens heureux, utiles, actifs et artisans de paix.

Des outils pour résoudre les conflits

Nous sommes des praticiens du dialogue et du refus de la violence : la vie d’équipe, le projet choisi ensemble et mené avec d’autres, différents dans leurs origines et leurs attentes, et qui ne se seraient jamais rencontrés ailleurs, la Loi et la Promesse, la parole donnée… Ces outils paraîtront désuets pour certains, coupables d’angélisme pour d’autres. Pourtant, ils fonctionnent, et ce depuis plus de cent ans. Malgré l’IA, le dérèglement climatique, les relations cassées par la crise du Covid, ces outils permettent toujours d’apprendre aux jeunes à résoudre un conflit sans écraser l’autre, à prendre la parole sans violence et à écouter sans se taire.

Donner une place dans les décisions

La société n’a pas besoin que les jeunes se taisent, au contraire, elle a besoin qu’ils s’engagent dans la communauté, défendent leurs idées et soient entendus.

L’écoute ne suffit pas : il faut aussi leur donner une place dans la décision. C’est en associant les jeunes aux choix qui les concernent que nous leur faisons confiance en actes. Notamment, nous encourageons les lycéennes et les lycéens à investir les instances de dialogue et de concertation proposés dans les établissements.

Alors, sachons donc leur faire confiance, les rendre capables et leur permettre de prendre leur place et leurs responsabilités dans la société qui est la leur, aidons à restaurer cette confiance entre jeunes, adultes et institutions pour contribuer à reconstruire une démocratie. Nous sommes prêts à faire notre part !

Charles Le Gac de Lansalut,
Président des Scouts et Guides de France

Anne Guibert,
Déléguée générale des Scouts et Guides de France


Cette tribune a été publiée dans le journal La Croix, vous pouvez la retrouver en cliquant sur le bouton ci-dessous :

Visite apostolique du pape Léon XIV en France : les SGDF au service 

Visite apostolique du pape Léon XIV en France : les SGDF au service 

Du 25 au 28 septembre 2026, le pape Léon XIV était en visite apostolique en France. Parmi les nombreux acteurs impliqués dans l’organisation de cette visite, près de 800 Scouts et Guides de France se sont mis au service de cet évènement historique. Chiara et Frédérique, mobilisées respectivement sur la veillée des jeunes et la messe de la Concorde nous racontent leur expérience. 

Vendredi 25 septembre, fin de soirée. Après un office des vêpres à la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris, le pape Léon XIV se dirige vers le Stade de France pour la veillée des jeunes, à destination des 17-35 ans, où l’attendent 80 000 participants et participantes.  

Alors qu’il est encore en route vers le stade, la veillée bat déjà son plein, marquée par de premiers temps forts. Parmi eux, une procession mariale mettant en avant les trois principaux mouvements de scoutisme catholique en France : les Scouts et Guides de France (SGDF), les Scouts Unitaires de France (SUF) et l’Association des Guides et Scouts d’Europe (AGSE). endredi 25 septembre, fin de soirée. Après un office des vêpres à la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris, le pape Léon XIV se dirige vers le Stade de France pour la veillée des jeunes, à destination des 17-35 ans, où l’attendent 80 000 participants et participantes.  

Alors qu’il est encore en route vers le stade, la veillée bat déjà son plein, marquée par de premiers temps forts. Parmi eux, une procession mariale mettant en avant les trois principaux mouvements de scoutisme catholique en France : les Scouts et Guides de France (SGDF), les Scouts Unitaires de France (SUF) et l’Association des Guides et Scouts d’Europe (AGSE).

« C’était important pour moi de représenter le scoutisme »

Chiara, compagnon dans le groupe de l’Haÿ-les-Roses-Chevilly (94), fait partie des 9 SGDF qui ont pris part à cette procession mariale composée de près de 30 scouts et guides. « Quand on a commencé la procession avec la statue de la vierge, les gens ont commencé à crier et à louer. C’était émouvant de voir le stade de France chanter l’Ave Maria et prier Marie », confie-t-elle.

Elle qui n’avait jamais eu l’occasion de vivre un évènement avec le pape, n’a pas hésité longtemps quand on lui a proposé de prendre part à cette procession mariale. « Participer à une veillée avec le pape, c’est incroyable et une belle occasion de m’engager dans ma foi. C’était aussi important pour moi de représenter le scoutisme à cette occasion », explique-t-elle.

Avant de poursuivre : « Je pense qu’on a tous des préjugés sur les autres mouvements de scoutisme. Mais quand on regarde, on partage les mêmes valeurs même si on les vit différemment. C’était beau de vivre cette unité. » Ce qu’elle retient de cette expérience unique ? « Pendant la veillée, le pape a envoyé un message d’espérance et de paix, à nous les jeunes. J’ai trouvé ça très beau. Le voir en vrai, se rendre compte du mouvement qu’il créé autour de lui, voir que ce n’est pas quelqu’un qui reste au Vatican éloigné des membres de l’Eglise mais qu’il vienne à notre rencontre, ça m’a touché », conclut-elle.

« J’avais à cœur de contribuer à sa venue »

Samedi 26 septembre, dans la matinée. Le pape poursuit sa visite apostolique et est notamment attendu dans l’après-midi pour la célébration d’une messe géante entre la Concorde et les Champs-Elysées, réunissant 800 000 personnes. Un évènement XXL qui a pu compter sur la mobilisation de nombreux bénévoles, dont Frédérique, Cléophas du territoire Normandie-Seine (76).

Arrivée à 8h30, après un réveil à 6h, la bénévole est répartie avec les autres volontaires le long des Champs-Élysées. Première mission : faire respecter le dispositif de sécurité en demandant, « avec douceur et avec le sourire », à tout le monde de rester derrière les barrières avant le passage du pape.

Pourquoi avoir choisi de donner une journée entière, de parcourir près de neuf kilomètres et de passer des heures debout, pour être bénévole ? « Comme le pape nous avait écrit pour le rassemblement Clameurs!, j’avais à cœur de contribuer à sa venue », explique Frédérique.

« Vivre mon engagement et tenir ma promesse »

Elle retrouve ici des réflexes bien scouts : travailler en équipe, faire confiance à l’organisation, accepter des conditions simples et surtout « faire de notre mieux ».

Pour Frédérique, le service va plus loin : « Être volontaire sur cet événement, c’est vivre mon engagement et tenir ma promesse. » Servir ne l’a d’ailleurs pas empêchée de vivre le rassemblement. Au contraire. « Sans doute d’une manière plus intense que si je n’avais pas contribué, à ma petite mesure, à la réalisation de l’événement. »

Le soir, après 13 000 pas, elle garde « la joie dans le cœur » et le sentiment d’avoir contribué « à un grand moment d’espérance ». Avec tout de même une envie très terrestre : « J’étais bien contente d’enlever mes chaussures et de pouvoir m’asseoir ! »

Les Scouts et Guides de France au cœur de la visite apostolique du pape Léon XIV en France 

Les Scouts et Guides de France au cœur de la visite apostolique du pape Léon XIV en France 

Du 25 au 28 septembre 2026, le pape Léon XIV était en visite apostolique en France. Avec 800 bénévoles et de nombreux participantes et participants, les Scouts et Guides de France (SGDF) ont pu contribuer à faire rayonner cet événement inédit. Retour sur les temps forts de la visite où les SGDF ont répondu présents, entre service, fraternité et partage de leur foi. 

Accueillir le pape dès son arrivée

Dans la matinée du vendredi 25 septembre, à peine arrivé sur le tarmac de l’aéroport, le pape est accueilli par une délégation de jeunes du diocèse de Créteil. Parmi eux, Carla, compagnons (17-21 ans) dans le groupe Saint Joseph des Épinettes (75). « Même si le timing était très serré, nous avons pu lui offrir, en délégation, une carte, un bouquet de fleurs et des lettres personnelles. Pour moi, recevoir le pape en France, notamment après la sortie de son encyclique sur l’Intelligence Artificielle , j’ai trouvé ça très fort et très marquant » confie-t-elle

Devenir des témoins pour la paix

En choisissant de se rendre à l’UNESCO pendant sa visite en France, le pape s’adressait ensuite bien au-delà de l’Église. Paix, éducation, dialogue entre les cultures, dignité humaine : autant de sujets qui résonnent avec le projet éducatif des SGDF. Pour Anne Guibert, déléguée générale de l’association et Charles le Gac, son président, être présent lors de cette intervention de Léon XIV, c’était donc aussi prendre part à un rendez-vous qui invitait à faire dialoguer convictions et cultures différentes autour du bien commun. « Cette participation a permis aux SGDF de réaffirmer leur engagement envers une éducation intégrale, alliant transmission de valeurs et respect de la liberté de conscience. C’était une belle opportunité de voir nos convictions scoutes reconnues et valorisées sur la scène internationale. » affirme Anne Guibert, à la suite de cette visite. 

Une veillée pour la jeunesse au Stade de France

La journée du 25 septembre avance. Il est 17h 30 lorsque les premiers membres des Scouts et Guides de France entrent dans le Stade de France, à Saint-Denis (93). Regroupés dans un carré au centre de la fosse, ils sont rapidement plusieurs centaines à venir célébrer cette veillée pour la jeunesse. On chante, on danse, on célèbre, on prie. Dans ce gigantesque élan de communion, de nombreux jeunes, avec chacun un rapport différent à la foi, s’enchantent et vivent intensément cette veillée qui restera sans doute gravée pour toujours dans leur mémoire.

Aux Champs-Élysées, une messe qui rassemble

Au lendemain de cette veillée remplie d’allégresse, nombre de délégations Scouts et Guides de France, mélangeant toutes les générations et venant des quatre coins de la France, sont aux Champs-Élysées, à Paris (75) pour vivre la messe célébrée le souverain pontife. « Aujourd’hui avec la venue du pape, cette messe est forcément spéciale, c’est comme un rêve pour moi » confie Katy, caravelle dans le groupe Theodore Monod Bihorel (76). « Quand j’ai vu tous les Scouts et Guides de France à la veillée de vendredi, je me suis dit que, moi aussi, il fallait que je vienne en chemise-foulard aujourd’hui. »

À Lourdes, un week-end thématique et des SGDF au service

À Lourdes, la messe dominicale au Sanctuaire a attiré plusieurs centaines de Scouts et Guides de France. Si 160 d’entre eux étaient déjà sur place pour participer au week-end thématique – organisé par l’association – au sein du Village des Jeunes, plus de 60 volontaires SGDF étaient aussi mobilisés avec différentes missions au service de l’événement, avec notamment la grande responsabilité de gérer les flux à l’entrée du Sanctuaire. Ils ont ainsi fortement contribué à faire rentrer plus de 30 000 personnes au sein du site marial.
 
Beaucoup de membres de l’association sont également venus en groupe, ou en famille pour assister à la procession au flambeau le samedi soir.  

À Metz, un message pour l’Europe 

La visite papale s’achève sur journée dédiée au dialogue interreligieux et à la paix en Europe. Une étape finale qui se déroule à Metz, ville liée au père fondateur de l’Union européenne Robert Schuman et marquée par les conflits franco-allemands. Là aussi, les SGDF ont répondu présents tant pour assister à la messe que pour être mobilisés comme bénévoles à différentes étapes du parcours du pape dans ville de Metz. « Ça me tenait vraiment à cœur de voir le pape. C’est comme un cadeau d’anniversaire », confie Lila, guide (11-14 ans) du groupe Sainte-Thérèse – Guy de Larigaudie (57) venue assister à la messe.  

Un sentiment qu’elle n’était a priori pas la seule à partager, vu la présence notable des SGDF tout au long de ces 4 jours de visite apostolique ! 

« La parole des jeunes est essentielle » : Pierre et l’importance de la voix des jeunes  

« La parole des jeunes est essentielle » : Pierre et l’importance de la voix des jeunes  

À 15 ans, Pierre Lobbes participe depuis plusieurs années au collège des enfants du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge1. Une expérience peu commune, qui fait directement écho à l’une des ambitions de la résolution « Cultiver l’essentiel – Grandir ensemble » : permettre aux jeunes de prendre pleinement leur place dans les décisions qui les concernent.  

Quand il parle de cet engagement, Pierre reconnaît qu’il ne mesurait pas vraiment ce qui l’attendait au départ.  « J’ai été accepté à neuf ans. À cet âge-là, je ne me rendais pas compte de l’ampleur de ce que j’allais vivre. »  Au sein du collège des enfants, douze jeunes échangent avec des associations et des responsables autour des questions liées à l’enfance et à la jeunesse. Ce qui le marque le plus, c’est le sentiment d’être réellement écouté.  « Quand on allait à Paris pour les conseils, on voyait que les adultes étaient intéressés. Ils prenaient des notes, il y avait parfois de vrais débats avec nous. Et après, certaines de nos idées se retrouvaient dans les rapports. »  

Apprendre à prendre la parole 

Chez les Scouts et Guides de France, Pierre participait déjà au jeu des conseils. Cette expérience en dehors du mouvement lui a permis d’aller plus loin. « J’ai appris à mieux exprimer mes idées et à porter un message clairement. » Lors d’une table ronde organisée pendant l’Assemblée générale 2026, il est intervenu aux côtés d’autres acteurs engagés autour de la participation des jeunes représentantes notamment du COFRADE2 ou de l’ANACEJ3. Un échange l’a particulièrement marqué : « Une intervenante disait qu’à l’école, on apprend surtout à être un bon élève et ça commence par faire silence. Ça m’a fait réfléchir. On voit bien que des personnes qui ne réussissent pas forcément à l’école peuvent faire de très grandes choses plus tard ! »  

Pierre parle pendant une table ronde à l'AG

Pour lui, il faudrait davantage apprendre aux jeunes à débattre et à écouter les idées des autres. Le sujet du vote à 16 ans au niveau national a notamment fait réagir le public.  « Ça pourrait être une bonne chose. Mais avant ça, il faudrait surtout améliorer l’enseignement moral et civique à l’école. Aujourd’hui, ça reste souvent très théorique et abordé à la va-vite par les profs d’histoire-géo. »

Construire le futur avec les jeunes 

Il revient plusieurs fois sur une conviction personnelle : les jeunes doivent participer aux décisions qui concernent leur avenir. « La parole des jeunes est essentielle pour le futur. Si on construit le futur pour eux, il faut aussi qu’ils puissent le construire eux-mêmes, accompagnés par des adultes. »  

Pendant l’Assemblée générale, Pierre a aussi été marqué par le fait que des jeunes présentent eux-mêmes certains amendements avant les votes.  « Je trouvais ça très bien que ce soient directement les jeunes qui prennent la parole. »  

Son engagement dépasse aujourd’hui largement le cadre scout. Il s’intéresse aux questions d’enfance, de jeunesse et d’environnement, et aimerait continuer à s’impliquer plus tard. « Selon moi, c’est important de participer à la société, même à petite échelle. »  À l’écouter, on comprend vite que cette expérience lui a déjà beaucoup appris : prendre la parole, débattre, écouter… et peu à peu trouver sa place. 

Engagé depuis plusieurs années au sein du collège des enfants du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, Pierre Lobbes participait cette année aux échanges autour de la place des jeunes pendant l’Assemblée générale 2026 des Scouts et Guides de France.

1 : COFRADE (Comité français pour les droits de l’enfant et de l’adolescent) est un collectif d’associations œuvrant à la promotion et à la défense des droits de l’enfant en France, notamment au regard de la convention internationale des droits de l’enfant. 

2 : ANACEJ (Association nationale pour la citoyenneté, l’enfance et la jeunesse) association qui œuvre à la participation des enfants et des jeunes à la vie publique et accompagne notamment les collectivités dans leurs démarches de participation citoyenne. 

3 : HCFEA (Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge) est un organisme consultatif placé auprès du gouvernement français. Il produit des analyses et recommandations sur les politiques publiques liées à la famille, à l’enfance, à la jeunesse et au vieillissement. 

Avec les Scouts et Guides de France, la voix des jeunes compte

Avec les Scouts et Guides de France, la voix des jeunes compte

Pour la première fois, Layal et Jahan participent à l’Assemblée générale (AG) des Scouts et Guides de France comme représentants associatifs. À 16 ans, ils découvrent les débats, les votes et ce que signifie faire vivre une association de près de 100 000 adhérentes et adhérents. Entre curiosité, discussions parfois inattendues et envie de prendre part aux décisions, ils repartent avec le sentiment que leur voix peut compter.

Quand ils arrivent à l’Assemblée générale, ni Layal ni Jahan ne savent vraiment à quoi s’attendre. Tous les deux ont entendu parler de « l’AG » par des amis ou des chefs et cheftaines. L’ambiance, les rencontres, les grands votes… On leur avait dit qu’il fallait le vivre au moins une fois. Ils ne viennent pas du même territoire pourtant, tous les deux sont là pour la même raison : comprendre comment se prennent les décisions dans une association nationale.  

Une association plus grande que son groupe local 

Très vite, ils réalisent que leur rôle de représentant associatif ne consiste pas seulement à lever la main pendant un vote. Pendant le week-end, ils écoutent des témoignages venus d’un peu partout en France, échangent avec d’autres jeunes, croisent des responsables nationaux et découvrent des réalités très différentes des leurs. Certaines unités peinent à recruter des chefs et cheftaines. Ailleurs, on cherche surtout à garder les jeunes plus longtemps. D’autres encore parlent d’inclusion, de leadership féminin ou du rythme des activités.

Et forcément ça change le regard : « On m’avait dit que l’ambiance était top et qu’il fallait vivre ça, mais surtout je trouvais important de pouvoir faire remonter ce qu’on vit dans notre groupe et participer aux décisions », explique Layal.

Cette année, une bonne partie des échanges tourne autour de la résolution 2026. L’idée ? Revenir à ce qui fait le cœur du scoutisme : des activités simples mais fortes, plus de place donnée à la parole des jeunes et un meilleur accompagnement des chefs et cheftaines. Dit comme ça, ça peut sembler très institutionnel. Pourtant, dans les discussions, le sujet devient vite concret.  

Est-ce qu’on vit assez souvent des activités dehors ? Est-ce qu’on écoute vraiment les jeunes dans les conseils ? Est-ce que les chefs et les cheftaines ont le temps et l’énergie de continuer ?  « J’ai surtout compris qu’on voulait revenir à ce qui fait le cœur du scoutisme : vivre plus de choses ensemble, donner plus de place aux jeunes dans les décisions et mieux accompagner les chefs et cheftaines », résume Layal.   

Apprendre la démocratie en la vivant

Ce qui marque aussi les deux jeunes, c’est la manière dont les débats se construisent. Pas toujours parfaitement. Il y a des désaccords, des hésitations, des moments où certains osent prendre la parole et d’autres moins. Mais justement, c’est peut-être ça qu’ils découvrent pour la première fois : la démocratie, ce n’est pas juste voter. C’est écouter des expériences qu’on ne connaît pas, essayer de comprendre d’autres points de vue et parfois changer un peu d’avis en cours de route.  Pour Jahan, une chose reste évidente : « L’association est faite pour les jeunes. Si seuls les adultes votent, ce n’est pas vraiment représentatif. »   

Dans leurs groupes respectifs, tous les deux avaient déjà l’habitude des conseils d’équipe ou des temps de discussion. Rien de très solennel. On parle souvent autour d’un repas, après une activité ou sous une tente pendant un camp. Mais ils réalisent ici que ces petits échanges du quotidien peuvent aussi remonter beaucoup plus haut. Jahan raconte par exemple une discussion lancée dans son groupe autour d’un écusson que plusieurs jeunes ne trouvaient « pas terrible ». « On s’est mis en mode atelier et on a réussi à tomber d’accord », raconte-t-il en souriant.   

À l’AG aussi, ils découvrent qu’ils ont le droit de construire leur propre opinion. « Je craignais devoir suivre un peu le groupe pour voter, mais en fait chacun peut vraiment réfléchir et se faire son avis », explique Jahan. Les échanges autour de la résolution les amènent aussi à parler de ce qu’ils vivent concrètement dans le scoutisme. Les camps, évidemment. Les week-ends aussi. Les moments dehors. Ce mélange de fatigue, de débrouille et de souvenirs qui reste longtemps après. « C’est difficile à expliquer, mais on apprend directement sur le terrain, surtout quand on campe dans la nature. Des petits gestes, des trucs de rien du tout qui, mis bout à bout, font qu’on sait se débrouiller en forêt », raconte Layal. Puis elle ajoute, presque comme une évidence : « Après, c’est vrai qu’on aimerait vivre ça encore plus souvent. Une rencontre par mois, c’est déjà pas mal. »

Au moment de repartir, Layal choisit un mot pour résumer son week-end : « enrichissant ». Le terme paraît simple, mais il dit pas mal de choses. En quelques jours, tous les deux ont découvert une association beaucoup plus grande que leur groupe ou leur territoire. Et surtout, ils ont compris qu’à 16 ans, on pouvait déjà participer à son évolution.  

Une manière assez concrète de rappeler que le scoutisme se construit avec les jeunes autant que pour eux. 

Premier camp : le laisser partir et le retrouver grandi

Premier camp : le laisser partir et le retrouver grandi

Anicet n’avait encore jamais passé plusieurs nuits loin de ses parents. Alors son premier camp d’une semaine chez les Scouts et Guides de France, forcément, les parents, Chloé et Vincent, l’ont abordé avec quelques appréhensions. Ils ont finalement retrouvé un garçon heureux de son camp, plus assuré et plus ouvert encore aux autres.

Anicet connaissait déjà les Farfadets (6/8 ans). À cet âge-là, pour lui, le scoutisme, c’était surtout des cabanes, du bois, de la ficelle et du temps passé dehors. Mais rejoindre les Louveteaux-Jeannettes, c’était aussi partir camper pour la première fois une semaine entière. Jusqu’ici, même lorsqu’il dormait ailleurs que chez lui, papa et maman occupaient la chambre d’à côté ! 
 
Pour Chloé, il y avait donc forcément une petite inquiétude au moment de le confier. Mais une année passée à côtoyer les chefs et cheftaines l’avait rassurée. « Ils sont jeunes c’est vrai mais matures, sérieux, formés (BAFA), très présents et hyper investis auprès des enfants. » Chloé n’oublie pas qu’ils sont bénévoles, souvent étudiants : « Ils ont leurs études et leur vie de jeunes adultes à côté. Alors Chapeau ! »

« C’était trop bien ! »

Quand on demande à Anicet ce qu’il a préféré au camp, pas besoin de réfléchir longtemps : le four ! « On a creusé un trou, et puis on a installé une sorte de bidon en métal dedans… on a bricolé un conduit pour laisser passer la fumée. Et ça a marché ! J’ai jamais mangé une aussi bonne pizza et même des hamburgers ! » 
 
Anicet raconte avec excitation le parcours sportif qui passait « même au-dessus de la rivière », les repas au feu de bois et les chansons apprises ensemble. A l’écouter, chaque moment du camp est une petite aventure. Ses parents nous racontent qu’au moment de le récupérer sur le lieu de camp, Anicet s’est trouvé submergé par une émotion nouvelle : l’envie de pleurer de joie ! Son bilan est sans appel : « C’était trop bien ! » 
 
Pour Chloé, derrière toutes ces aventures se joue aussi quelque chose de plus profond : « À l’école, il y a l’apprentissage, là, il y a ce côté vivre ensemble et faire ensemble. » Faire la cuisine, les services, construire ou vivre dans la nature n’a rien d’extraordinaire en soi ; ce qui compte, pour elle, c’est d’apprendre à le faire avec les autres.

Devenir « copain avec toutes et tous »

En début d’année chez les Louveteaux-Jeannettes, Chloé voyait Anicet rester avec les anciens Farfadets qu’il connaissait déjà. Au camp, quelque chose s’est élargi. D’ailleurs, à la fin du camp, Anicet reçoit l’atout « Solidaire » (un écusson qui vient reconnaître une qualité chez un ou une jeune et l’encourage à la développer), celui qui dit : « Je suis copain avec tous, ici et ailleurs. » Nathan, un de ses chefs vient alors lui parler : « Tu sais, Anicet, pour nous c’était vraiment une évidence. Tu es celui qui échange avec tout le monde, qui relie la peuplade ».

Anicet s’affirme

Chloé le remarque aussi une fois rentrée à la maison. Avec Abel, son petit frère, Anicet explique davantage, montre les choses, prend une posture de grand frère qui accompagne, il reproduit en quelque sorte l’attitude de louveteaux plus âgés et de chefs. 

Une petite scène l’a particulièrement marquée pendant les vacances après le camp. Un enfant jette une canette par terre. Anicet réagit : « Non maman, ce n’est pas possible, on ne peut pas laisser faire ça. » Il n’ose pas encore aller parler au garçon. Alors il se lève, ramasse lui-même la canette et la met à la poubelle en espérant que sa démarche sera remarquée. Il revient fier de l’avoir fait. Cette réaction est le signe qu’à sa façon, Anicet s’affirme plus dans son engagement au quotidien pour le respect de la nature. 

Pour Chloé, cette année confirme ce qu’elle cherchait : une école de la vie avec les autres en tenant compte du monde qui nous entoure. Et le rythme d’environ un samedi sur deux lui plaît aussi. Il reste du temps pour une autre activité, pour la famille, une balade ou tout simplement pour se laisser le temps, ne rien faire. 

Aux parents qui hésitent encore à inscrire leur enfant, Chloé répond sans grand discours : « Il ne faut pas trop hésiter. Il faut essayer, et puis ils verront bien. » Quelques jours après son retour, Anicet a eu les larmes aux yeux. « Maman, je repense à tout ce qu’on a fait. J’aimerais bien retourner en camp. » 

En cette rentrée, la nostalgie du camp laisse place à l’envie de retrouver les copains et cette fois, ce sera aussi à lui d’accueillir les nouveaux.

Un camp scout pour comprendre et protéger le vivant

Un camp scout pour comprendre et protéger le vivant

En juillet dernier, une cinquantaine de jeunes de 4 groupes de toute la France sont partis à la découverte de la biodiversité au cœur de la montagne, à Chalmazel, dans la Loire (42). Au programme de ce Point Rouge : découvrir le vivant et apprendre à le préserver. 

Un camp en lien avec des partenaires locaux 

Tout au long du camp, les jeunes ont découvert le territoire grâce à celles et ceux qui le connaissent le mieux. Une dizaine de partenaires locaux ont contribué à faire vivre cette aventure hors du quotidien pour ces jeunes entre 14 et 17 ans. Forestiers, pompiers, naturalistes ou encore élus locaux ont partagé leur métier et leur regard sur ce qui les entoure. 

Ces semaines ont été l’occasion de partir à la rencontre d’une région, de ses paysages et des personnes qui s’y investissent au quotidien. Des jeux de découverte aux échanges avec le maire, en passant par l’entretien des chemins de randonnée avec l’association Marche des bons pieds, les jeunes ont appris à regarder autrement l’endroit qui les accueillait. 

« Nous ne sommes pas spécialistes du sujet. Alors, pour nous aider à atteindre nos objectifs éducatifs, on préfère s’entourer d’experts en climat, biodiversité et forêts » explique Jean-Baptiste, directeur adjoint de ce camp. 

Plusieurs partenaires, tels que l’Office français de la biodiversité et Terre de Liens ont permis aux jeunes de mieux comprendre les enjeux environnementaux, mais surtout de passer à l’action. Ils et elles ont retroussé leurs manches pour prêter main-forte lors d’un chantier avec le Parc naturel régional du Livradois-Forez visant à nettoyer une zone de biodiversité pour enrichir les espèces présentes. 

Plus que des intervenants de passage, les partenaires ont vécu des moments privilégiés avec les jeunes, notamment lors de repas partagés, pour échanger de manière plus informelle. Une particularité qui a marqué les intervenants, heureux de découvrir l’univers scout et l’énergie des jeunes. 

Une aventure collective 

Les partenaires ont rythmé le séjour, sans jamais faire oublier ce qui fait l’essence d’un camp scout : la vie collective. Au quotidien, les jeunes ont organisé des veillées, fait leur promesse scoute, des grands jeux, des explorations, etc. Ils et elles ont appris à vivre en équipe. 

Ces deux semaines leur ont offert l’opportunité de créer des espaces d’échange sur les enjeux environnementaux, de se rencontrer, d’échanger et tisser des liens forts. Tout cela en plein air, loin des écrans et de la vie quotidienne, qui nous déconnectent parfois de la nature. 

Au moment de plier sa tente, chaque jeune repart avec des anecdotes, des souvenirs impérissables et l’envie d’agir pour protéger ce qui nous entoure.  

Incendies en Gironde : la mobilisation des Scouts et Guides de France

Incendies en Gironde : la mobilisation des Scouts et Guides de France

Depuis la semaine dernière, de violents feux de forêt touchent la Gironde et ses environs. Ces incendies ont contraint deux unités Scouts et Guides de France, venues camper dans la région, à évacuer leur camp. Grâce à la mobilisation du territoire Rives d’Aliénor d’Aquitaine et de plusieurs groupes locaux, ces unités ont pu être mises rapidement en sécurité. Christelle, déléguée territoriale, témoigne de cette mobilisation bénévole face à ces incendies où l’entraide et la réactivité ont permis de protéger les jeunes et les bénévoles.

Bonjour Christelle, est-ce que tu pourrais nous expliquer comment les événements se sont déroulés en quelques mots ?

Au moment où les incendies ont commencé à se déclarer, vendredi après-midi, nous avons rapidement été informés que deux unités, venant de la région parisienne, campaient à Castelnau-de-Médoc, sur la base Scouts et Guides de France de la Mouline. Avec mon équipe territoriale, qui s’est très rapidement mobilisée, nous avons pu réunir plusieurs voitures et camions pour pouvoir évacuer le camp de ces unités. Après les avoir évacuées dans un premier temps vers la maison paroissiale de Saint-Médard-en-Jalles, nous avons dû organiser une seconde évacuation à 4h du matin vers Talence, la progression des feux contraignant toute la ville de Saint-Médard à évacuer. Plusieurs autres bénévoles SGDF du groupe des Jalles se sont, là aussi, mobilisés pour organiser rapidement cette seconde évacuation.

Comment s’est passée la reprise des camps par la suite ?

Le dimanche, suite à l’évacuation de Talence, une première unité a pris la décision de continuer son camp au prieuré de Saint-Thomas d’Épernon (28). Elle est donc directement partie de la Gironde.

Une seconde unité s’est rendue à Génissac (33), grâce à des parents du groupe de l’Entre-deux-Mers, sur un camp accompagné (camp soutenu par un territoire), pour y rester temporairement. Quelques jours plus tard, avec l’accumulation de la fatigue et tout le stress que ces événements peuvent générer, les équipes d’éducateurs et d’éducatrices ont finalement fait le choix de continuer leur camp au centre d’activité de Jambville (78).

Ces unités ont su trouver les ressources nécessaires pour continuer à faire vivre du scoutisme aux jeunes. Une belle preuve de résilience !

Aurais-tu un dernier message à transmettre ?

Alors tout d’abord, je voudrais dire un grand MERCI à mon équipe territoriale, au groupe des Jalles et aux parents du groupe de l’Entre-deux-Mers pour leur sens de l’entraide et leur réactivité. C’est grâce à leur soutien et à leur action que cette évacuation a permis de garantir un cadre sécurisant pour les unités.

De manière plus globale, je pense que ces événements nous montrent bien à quel point il faut continuer à faire beaucoup de prévention auprès de nos unités et de nos jeunes sur le sujet des feux de forêt. Avec les conditions climatiques actuelles et la rapidité avec laquelle un feu peut se propager, la pratique du feu de camp reste très dangereuse. Pour les années à venir, je pense qu’il faut repenser complètement notre manière de vivre le scoutisme et faire évoluer notre rapport à l’usage du feu en camp, en particulier pendant l’été.


À la suite de ce témoignage, les Scouts et Guides de France tiennent à exprimer leur plus sincère soutien aux personnes sinistrées par ces incendies.

Le mouvement tient également à remercier tous les bénévoles qui ont œuvré pour garantir la sécurité des jeunes. Nous souhaitons aussi saluer l’implication des salariés en charge de la ligne d’urgence, dont la mobilisation a permis d’accompagner d’autres unités dans l’évacuation de leur camp, impactées par les incendies de Biscarrosse et Saumos.

Enfin, notre association souhaitait adresser sa profonde reconnaissance aux sapeurs-pompiers et aux services publics de Gironde, qui se battent depuis plusieurs jours pour protéger les populations et lutter contre ces incendies.

Les SGDF commémorent les 75 ans du décès du Père Jacques Sevin

Les SGDF commémorent les 75 ans du décès du Père Jacques Sevin

Le 19 juillet 2026 marque les 75 ans de la disparition du Père Jacques Sevin, cofondateur des Scouts de France.et du scoutisme catholique en France. À cette occasion, Jean-Jacques Gauthé, membre du réseau archives et histoire de l’association, revient sur l’importation du scoutisme en France et la création des Scouts de France. Un récit qui retrace les origines du scoutisme catholique français et qui explique l’identité et la culture des Scouts et Guides de France aujourd’hui.  

Bonjour Jean-Jacques, pourrais-tu d’abord nous raconter comment le scoutisme, issu de Robert Baden-Powell, avec sa culture britannique et protestante, est arrivé en France ?

Inventé en 1907 en Grande-Bretagne par Baden-Powell, le scoutisme arrive en France en 1911. Des pédagogues, militaires et journalistes l’ont découvert outre-Manche et veulent l’implanter en France. Plusieurs associations naissent, mais contrairement au modèle britannique, ouvert à différentes confessions, elles se structurent ici selon des bases religieuses, dans un contexte tendu entre la République et l’Église catholique. Dès 1911, sont fondés les Éclaireurs de France, neutres sur le plan religieux, et les Éclaireurs unionistes, protestants. De petits groupes catholiques apparaissent aussi en Saône-et-Loire et à Nice.

Quelle a été la position de l’Église catholique lorsque le scoutisme est arrivé en France ? Comment a-t-elle évolué ?

L’Église catholique se montre d’abord très réservée, car marquée par la loi de 1905, relative à la séparation des Églises et de l’État ainsi que par une forte méfiance envers la société contemporaine. Elle redoute une pédagogie venue du monde protestant, se réclamant de l’interconfessionnalisme. Elle craint aussi la concurrence avec ses patronages (des structures catholiques d’accueil et d’éducation des jeunes). En avril 1913, 35 évêques condamnent le scoutisme dans leurs bulletins diocésains. La guerre de 1914-1918 change progressivement la situation en favorisant la réintégration des catholiques dans la société française. Dans ce contexte, le scoutisme est peu à peu accepté par les catholiques français, même si des oppositions, notamment intégristes, perdurent jusqu’à la fin des années 1930.

Quel a été le rôle du Père Jacques Sevin dans l’importation du scoutisme en France, notamment du scoutisme catholique ?

Le Père Sevin permet aux catholiques de s’approprier le scoutisme tout en restant fidèle à Baden-Powell, qu’il rencontre dès 1913. Licencié en anglais, il lit attentivement ses écrits et s’y réfère largement dans son livre « Le scoutisme », publié en 1922. Il y répond aux critiques sur l’interconfessionnalisme ou les liens supposés avec la franc-maçonnerie. Il renforce aussi la dimension religieuse du mouvement en ajoutant Dieu à la loi scoute, l’Église à la promesse et trois principes liés à « Dieu, à la patrie et à la famille », selon la formulation adoptée par les Scouts de France à cette époque (pour en savoir plus). Formé à Gilwell, camp-école des scouts anglais, il crée en 1923 le camp-école de Chamarande, en Essonne (91). Il fonde ainsi l’identité des Scouts de France, auxquels il donne leur nom et leur insigne. Leur progression, de 200 membres en 1920 à 75 000 en 1940, témoigne de cette réussite.

Quel impact les travaux du père Jacques Sevin ont-ils encore aujourd’hui dans notre association ? Qu’est-ce qui perdure de sa vision du scoutisme ?

Le Père Sevin a été l’âme du scoutisme catholique. Il lui a donné sa prière, inspirée d’un texte de spiritualité jésuite, et plusieurs de ses intuitions demeurent très actuelles. Dès 1927, il développe le scoutisme pour les jeunes en situation de handicap physiques. Dans son poème « L’appel du gosse », il souligne que le scoutisme doit aussi s’adresser aux plus défavorisés. La congrégation religieuse féminine que le Père Sevin créé en 1944, la sainte Croix de Jérusalem, largement formée par des cheftaines scouts et guides, prolonge largement son action et sa mémoire. Sa volonté d’ouverture, de présence au monde et d’attention à chacun et chacune, continue de marquer profondément les Scouts et Guides de France aujourd’hui.