Anne Guibert, nouvelle Déléguée générale des Scouts et Guides de France 

Anne Guibert, nouvelle Déléguée générale des Scouts et Guides de France 

L’Assemblée générale 2026 des Scouts et Guides de France a été marquée par la prise de fonction de sa nouvelle Déléguée générale, Anne Guibert. Jusque-là Directrice de Jambville depuis fin 2023, elle prend la suite d’Anne-Claire Bellay-Huet qui était en poste depuis l’été 2021. Interview. 

Est-ce que tu peux nous présenter ton parcours chez les Scouts et Guides de France ? 

J’ai commencé le scoutisme enfant chez les Guides de France, puis j’ai été cheftaine quelques années. J’ai ensuite rejoint l’échelon national pour la première fois en 2004 en tant que bénévole, avant de devenir Responsable Nationale (RN) salariée de la branche Pionniers-Caravelles entre 2004 et 2008. De ce poste je garde une fierté : avoir accompagné la fusion des Scouts de France et des Guides de France, notamment en œuvrant à la mise en place d’une nouvelle pédagogie pour cette branche ! 

Après avoir exercé d’autres missions à l’échelon national, j’ai fait une pause de dix ans de scoutisme. Je suis revenue en 2021, à la suite d’un appel pour devenir Responsable Nationale bénévole de l’équipe communication. Puis en octobre 2023, j’ai pris la direction de Jambville. Dans ce cadre, j’ai intégré l’équipe pilote du rassemblement Clameurs !, où j’ai eu le plaisir d’accompagner des projets comme l’éco-labélisation REEVE de niveau 3, l’élaboration de repas à 50 % décarbonés, la mise en place de la centrale d’achats… Là aussi, c’est une mission qui m’a remplie de fierté ! 

Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton parcours en dehors des SGDF ? 

Après mon mandat de RN de la branche Pionniers-Caravelles, j’ai surtout évolué dans des postes liés à la conduite de projets consacrés aux jeunes, principalement au sein de structures catholiques. J’ai par exemple été Secrétaire générale de l’association Notre-Dame de Salut1, Directrice adjointe de l’établissement scolaire privé l’Assomption Lübeck et coordinatrice de projets au sein de l’association Estival à Nantes.  

Portée par ma foi, j’ai choisi en 2016 de rentrer chez les Bénédictines de Sainte-Bathilde à Vanves. Après cinq ans au sein de cette communauté, me sentant appelée à autre chose, j’ai décidé de ne pas renouveler mes vœux et de quitter la congrégation. C’est à ce moment-là que j’ai rejoint l’association Estival et que l’on m’a fait signe pour reprendre du service en tant que bénévole chez les Scouts et Guides de France. 

Quelles sont les convictions que tu souhaites porter en tant que Déléguée générale ? 

Je tiens d’abord à dire à que je suis honorée d’avoir été choisie pour accompagner les Scouts et Guides de France en tant que Délégué générale à la suite d’Anne-Claire Bellay-Huet que je remercie pour l’exercice de son mandat.  

Ce que je souhaite, pendant mon mandat, c’est d’œuvrer à ce qu’ensemble, nous continuons à faire vivre un scoutisme exigeant, ouvert et adapté aux enjeux actuels ; un scoutisme qui s’appuie sur la force du collectif et transforme les énergies en actions concrètes.  

Et cela, en portant plusieurs convictions. Déjà, celle de la simplicité du scoutisme et du rythme des activités : qu’est-ce que ça veut dire être scout et guide, qu’est-ce qu’on vit et qu’est-ce qu’on veut faire vivre aux jeunes de l’association ? Ensuite, celle d’une association qui participe à la vie citoyenne, en permettant à nos adhérents et adhérentes d’appréhender leur rôle d’acteur et actrice de la société tout en leur laissant se forger librement leurs convictions. Enfin, il y a la question du lien avec l’Église : qu’est-ce que ça veut dire être catholique et ouvert à tous et toutes ?  

Au Vatican, une délégation SGDF engagée pour la paix

Au Vatican, une délégation SGDF engagée pour la paix

À l’occasion de la visite officielle du président de la République au Vatican, les 9 et 10 avril 2026, Pierre Moneger-Rogge président des Scouts et Guides de France, a pris part à la délégation présidentielle. Nous lui avons posé quatre questions pour revenir sur le sens et les enseignements de ce déplacement. 

Peux-tu raconter dans quel contexte tu as fait partie de la délégation présidentielle pour aller rencontrer le Pape ?

Le 1er avril dernier, les Scouts et Guides de France ont reçu un message, puis un appel téléphonique aussi inattendu qu’improbable. J’étais invité, au nom du mouvement, à faire partie de la délégation accompagnant le président de la République lors de son déplacement au Saint-Siège. 

Passé le moment d’incrédulité, nous avons accueilli cette invitation avec gratitude. Nous y avons vu une reconnaissance de la place particulière des Scouts et Guides de France dans le champ de l’éducation à la paix, au sein des mouvements catholiques de jeunesse et de l’éducation populaire. 

Pourquoi était-il important pour les SGDF d’être présents et de rencontrer le Pape dans ce cadre ? 

Cette invitation représentait plus qu’un geste protocolaire. Elle permettait d’incarner, au cœur d’une délégation composée d’acteurs missionnaires, éducatifs, caritatifs et intellectuels, la diversité de l’Église et des engagements pour la paix. 

Pour les Scouts et Guides de France, c’était aussi l’occasion d’apporter notre voix, notre expérience éducative et de participer à la construction de « ponts » entre acteurs de bonne volonté. L’objectif était clair : renforcer et développer des actions communes en faveur d’une paix « désarmée, désarmante, juste et durable », telle que nous y appelle le pape Léon XIV. 

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de cette visite ? 

Les échanges de haut niveau ont été particulièrement marquants. La rencontre entre le président de la République, Emmanuel Macron, et le Secrétaire d’État du Saint-Siège, Son Éminence le cardinal Pietro Parolin, a permis de dégager des pistes d’actions partenariales concrètes, accessibles aux acteurs éducatifs, pour répondre aux indignations suscitées par l’inhumanité de la guerre. 

Par ailleurs, les temps d’échange avec les représentants du secteur éducatif ont mis en lumière une volonté partagée de bâtir une politique de jeunesse attentive à la diversité des parcours, aux enthousiasmes comme aux fragilités, afin de favoriser une véritable paix intérieure pour ces jeunes.

À l’heure de la loi du plus fort et des conflits armés, quel rôle le Pape et les Scouts et Guides de France peuvent-ils jouer comme messagers de paix ? 

Cette participation à la délégation présidentielle en visite au Vatican nous conforte dans notre mission d’éducateurs et d’éducatrices à la paix, d’acteurs et d’actrices de dialogue et de solidarité, tout en nous engageant davantage. 

C’est un appel du Pape, de l’Église, c’est une attente de la société et des pouvoirs publics. Notre réponse est déjà à l’œuvre dans la vie des unités, des groupes et des territoires, elle prendra aussi une expression particulière lors de notre prochaine Assemblée générale, du 8 au 10 mai 2026.

L’impulsion d’une jeune retraitée relance le scoutisme dans le Var

L’impulsion d’une jeune retraitée relance le scoutisme dans le Var

Faute de chefs ou cheftaines disponibles, certains groupes scouts peinent à voir le jour. Dans le Var, à La Seyne-sur-Mer (83), c’est une jeune retraitée qui a permis de relancer la dynamique. Une solution inattendue, mais révélatrice d’un scoutisme qui s’adapte sans renoncer à ses fondamentaux.

Autour de Toulon, Fréjus ou Draguignan, la demande est forte. Les parents cherchent des activités éducatives, structurantes, porteuses de valeurs. Mais sur le terrain, une difficulté persiste : trouver des chefs et des cheftaines. « Il y a beaucoup de demandes… mais on ne peut pas y répondre », constate Laurence, déléguée territoriale des Scouts et Guides de France. Le territoire varois, sans grande ville universitaire, manque d’étudiants et étudiantes disponibles le week-end. « Le modèle classique du chef étudiant ne fonctionne pas chez nous. » Résultat : certaines familles renoncent. Face à cette réalité, le mouvement s’adapte. Parents, actifs… et désormais jeunes retraités. « On ne pourrait pas faire du scoutisme sans des adultes engagés autrement. »

Relancer un groupe, autrement

Christine s’est lancée dans l’aventure du scoutisme pour son petit-fils. Avec son profil atypique, elle a permis le renouveau d’un groupe

À La Seyne-sur-Mer, deuxième ville du département, le scoutisme s’était éteint malgré près de 90 ans d’histoire. « Ce n’était pas possible qu’il n’y ait plus de scoutisme ici », insiste Laurence. La relance devient une priorité. C’est une rencontre qui change tout. Christine, 58 ans, enseignante à la retraite et grand-mère, se propose. Elle prend contact avec Manuela, ouvreuse de groupe, qui lui apporte son aide pour construire une unité Louveteaux-Jeannettes. Christine a elle-même été jeannette puis guide, avant de s’engager au MEJ, Mouvement Eucharistique des Jeunes. « En revenant, j’ai retrouvé les chants, les valeurs, le partage. » Le déclic est personnel : « Je n’ai pas pu offrir du scoutisme à mes enfants. Alors quand mon petit-fils, Mathéis, est arrivé à l’âge des louveteaux, je me suis lancée. » Son expérience d’enseignante et d’animatrice au MEJ l’a aidé : « C’est très différent… les enfants d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. » Au départ, le groupe compte deux jeunes, Mathéis, son petit-fils, et un copain. Elle s’accroche, se forme, part en camp. La dynamique s’enclenche. « Heureusement je n’étais pas seule car j’ai eu la chance d’être rejointe par Gwenaëlle, qui a été bien plus qu’une trésorière et secrétaire, puis par Benjamin co-chef. »

Un rôle de starter

Peu à peu, le groupe renaît. D’autres jeunes arrivent, des adultes s’engagent, une équipe se structure. Aujourd’hui, ils sont plus d’une trentaine, avec plusieurs branches en développement. « J’éprouve beaucoup de fierté quand je vois le groupe compter une trentaine d’adhérents et d’adhérentes aujourd’hui. » Christine assume ce qu’elle a apporté : « De la maturité, de l’anticipation, un cadre rassurant. » Mais elle insiste sur l’essentiel : « L’équilibre est parfait avec des jeunes chefs et cheftaine. Ils apportent le fun, la dynamique, la joie. » Son rôle aura été celui d’un « starter » : impulser, sécuriser, permettre au groupe d’exister. Car si ces profils sont précieux, ils ne remplacent pas les jeunes chefs et cheftaines : ils rendent possible leur engagement !

Une impulsion pour durer

Cet engagement reste par nature temporaire. « Je ne pourrai jamais complètement arrêter… mais on a envie de profiter aussi. Mon compagnon est bientôt en retraite et on a envie de faire voguer notre bateau. » Christine imagine déjà la suite autrement : « Je donnerai un coup de main, je ferai des escales. » Pour Laurence, l’enjeu est clair : s’adapter sans renoncer. Diversifier les profils, répondre aux réalités locales, permettre au scoutisme de continuer à se déployer. « Parfois, il suffit d’une personne pour que tout redémarre. »

Incarner les valeurs du scoutisme dans les espaces numériques

Incarner les valeurs du scoutisme dans les espaces numériques

En février dernier, à l’occasion du Safer Internet Day, une délégation de pionniers et de caravelles (14-17 ans) du territoire Vallée Sud de Seine s’est rendue dans la 2ème instance le plus importante de la démocratie française : le Sénat. L’objectif ? Présenter devant plusieurs acteurs et actrices du numérique français, le fruit d’une réflexion de plusieurs mois — en collaboration avec le programme Internet Sans Crainte de l’entreprise Tralalère — autour du thème de la santé mentale et du numérique. Retour en témoignages sur cette journée riche en rencontres et en partages autour d’un un sujet plus que jamais d’actualité.

Un projet désormais annuel, qui porte des ambitions au niveau national

Comme chaque année, depuis 4 ans maintenant, une délégation constituée d’une petite vingtaine de pionniers-caravelles (14-17ans) a travaillé sur un thème emblématique du numérique, choisi par le programme Internet Sans Crainte, désormais partenaire des Scouts et Guides de France. Cette année il s’agissait de la santé mentale avec l’interpellation « Les écrans et toi comment ça va ? ». À la suite de cette thématique donnée, les jeunes ont réfléchi sur les conséquences sur leur vie quotidienne de l’omniprésence des réseaux : relations, temps passé, sentiment d’oppression, mais aussi belles découvertes parfois !

Anne Chokstang, membre de l’équipe territoriale Vallée Sud de Seine témoigne « un des objectifs principaux de la participation des jeunes au SID est de contribuer à construire des supports pédagogiques à destination d’autres jeunes du même âge sur le numérique (placés dans les collèges / lycées et ACM). Là, les thèmes abordés portaient sur l’identification de moyens de protection, notamment face à certaines formes de harcèlement liées aux notifications incessantes et au scroll infini.

Anna, caravelle, décrit les travaux qui ont été menés par la délégation du territoire : « Internet sans Crainte nous a proposé de réfléchir à une campagne pour mobiliser les jeunes autour du thème du SID de cette année. Au début on était partis sur un titre avec des jeux de mots mais on a plutôt choisi le ton de l’humour avec des visuels qui font penser à des memes pour attirer l’attention des jeunes dans les lycées. »

L’aboutissement de ces plusieurs mois de travaux s’est conclu au Sénat. Les Pionniers-Caravelles ont ainsi eu la chance de pouvoir présenter leurs travaux et d’échanger avec différentes personnalités engagées sur le sujet du numérique et de la protection de l’enfance.

Santé mentale et numérique : des jeunes conscients des enjeux actuels

Par le biais de leurs travaux, pionniers-caravelles de Vallée Sud de Seine, ont pu apprendre, et s’interroger sur l’impact du numérique dans leur vie, qu’il soit positif ou négatif

« Je trouve que c’est stressant de recevoir beaucoup de notifications parce qu’on doit répondre à tout le monde rapidement et on doit réfléchir à différentes réponses en même temps. Du coup je mets le mode « Ne pas déranger » mais ça à aussi des points négatifs. Par exemple, j’ai des amis qui ne sont pas dans mon lycée et qui habitent loin donc les messages sont un peu le seul moyen de communiquer. Du coup ils me reprochent de pas répondre rapidement. » explique Mathilde, Caravelle.

Valentine, de son côté, apporte une nuance « Il n’y a pas que du négatif sur les réseaux pour moi c’est aussi une façon de m’identifier et de prendre confiance en moi parce qu’il y a beaucoup de représentation. Je suis passionnée de politique et sur Insta je peux suivre l’actualité ou des créatrices de contenu qui m’inspirent comme Grande Bavardeuse et Claire Nouvian. Sur Tik Tok aussi on retrouve plein de bons plans, des recettes de cuisine, de l’inspiration. »

Riche de ces années de collaboration réussies à l’échelle territoriale, le partenariat s’élargit ! Les SGDF et Internet sans crainte s’allient à l’échelle nationale pour éduquer au numérique un plus grand nombre de jeunes. Cet exemple illustre avant tout comment chaque partenariat local peut être réplicable et enrichir les stratégies nationales des Scouts et Guides de France.

Quand Taizé vient à Paris

Quand Taizé vient à Paris

Du 28 décembre 2025 au 1ᵉʳ janvier 2026, Paris et l’Île-de-France ont vibré à un rythme singulier : celui des rencontres européennes organisées par la Communauté de Taizé, événement annuel rassemblant des jeunes chrétiens de toute l’Europe autour de la prière et de la rencontre. Pour cette 48ᵉ édition, près de 15 000 participants âgés de 18 à 35 ans ont répondu à l’appel, venus de dizaines de pays pour célébrer la fin d’année dans un esprit de paix et de partage.

Les 15 000 jeunes participants, logés dans des salles paroissiales ou des familles d’accueil dans les huit diocèses franciliens ainsi que dans des communautés protestantes, ont vécu quatre jours de temps de prière, d’ateliers thématiques et de tables rondes. Chaque après-midi, plus d’une centaine d’activités leur étaient proposées, avec une très grande variété d’intervenants : aussi bien des professeurs d’université, que des directeurs de journaux ou des hommes et femmes politiques. « On entendait parler toutes les langues dans le métro » raconte amusé Élie, animateur Cléophas du groupe marin Rennes Anti Conti.Il faisait partie des volontaires inscrits auprès de la Communauté de Taizé pour aider au sein du « meeting support », une équipe internationale chargée d’aider les pèlerins au sein du Bercy Accor Arena en cas de besoins particuliers.

Chant, méditation et silence

Au total, deux soirées se sont déroulées à l’Accor Arena, où les participants se retrouvaient pour une grande prière commune, marquée par le chant, la méditation… et le silence. « C’était impressionnant à quel point cette grande salle, qui accueille d’habitude des concerts et des événements sportifs, était parfaitement silencieuse pendant de longues minutes », témoigne Alice, 20 ans, cheftaine scout-guide en Essonne.

Le service au cœur

Parmi les bénévoles, 60 jeunes des Scouts et Guides de France se sont mobilisés pour assurer le bon déroulement de l’événement. Distribution de 30 000 repas par jour sur le Champ-de-Mars, acheminement des pèlerins vers la Cathédrale Notre-Dame de Paris, accueil et orientation : le service était au cœur de l’expérience. Un challenge assez atypique pour Alice, qui rapporte que les touristes demandaient aux bénévoles dans la rue s’ils étaient les « new gilets jaunes ». Venue à Paris avec sa famille, cette expérience lui a permis de faire de nombreuses rencontres, scoutes ou non.

Croire ensemble à la paix et à la confiance

Loin d’un réveillon classique, la nuit du 31 décembre s’est vécue dans la sobriété et la fraternité. Chants de Taizé, échanges simples, prières communes : une manière différente d’entrer dans la nouvelle année. « La simplicité de Taizé remplit mieux Bercy que bien des événements », confie Élie.

Pour beaucoup, ces rencontres laissent une trace durable : celle d’une Europe jeune, solidaire et profondément humaine, réunie quelques jours pour croire — ensemble — à la paix et à la confiance.

À Nice, les scouts et guides marchent dans les pas d’Olave et Robert 

À Nice, les scouts et guides marchent dans les pas d’Olave et Robert 

Le 22 février dernier, une petite foule colorée se retrouve à l’arrêt du tramway sur les hauteurs de Nice. Au programme, une marche, une mémoire, et beaucoup d’émotion ; car, les scouts et guides ont inauguré un lieu de nature désormais dédié à Olave et Robert Baden-Powell, figures emblématiques du scoutisme et du guidisme. 

Il est 9 heures, les foulards se reconnaissent avant les visages. On se salue, on ajuste un sac. Ils sont près de 80, venus d’horizons scouts différents, mais déjà réunis par quelque chose d’invisible. La marche commence doucement, puis le sentier s’élève. Les conversations aussi. 

Pendant une heure, les groupes se mélangent. « C’est exactement ce qu’on cherche », glisse Philippe Colomb, délégué de la Fédération du Scoutisme Français sur les Alpes Maritimes (06), présent parmi eux. « Que les jeunes se rencontrent, apprennent à se connaître, simplement. »

Un parc naturel, une aire symbolique

Le lieu apparaît. L’Aire Saint-Michel est un espace ouvert, calme, chargé d’histoire. Ici, des scouts marchent depuis presque un siècle ! Et ici, en avril 1934, Robert Baden-Powell lui-même était venu partager un banquet avec des jeunes. « Vous voyez, la date et le lieu n’ont pas été choisis au hasard », rappelle Philippe dans son discours. 

La cérémonie est simple, mais solennelle. En présence d’une adjointe au maire de Nice et de Romain Fernandez, Président du Scoutisme Français, une plaque est dévoilée : Olave et Robert Baden-Powell, fondateurs du scoutisme et du guidisme. Parmi l’assistance, il y a comme un fil invisible entre les générations. 

Philippe parle d’histoire, de transmission, de Nice « berceau du scoutisme catholique ». Il raconte aussi ce projet relancé en 2023, l’arbre planté avec les jeunes, les années de préparation. On sent dans sa voix quelque chose de personnel, presque intime.

Une rando, un casse-croûte qui rassemblent

Puis vient le moment du repas. Un grand cercle se forme. Les sacs s’ouvrent, les boîtes circulent, les rires reviennent. Chaque groupe partage son rituel : un bénédicité, une prière, quelques mots. Qu’ils ou qu’elles soient éclaireuses de la nature, unionistes, israélites, scouts et guides de Monaco ou d’Arménie, personne ne cherche à convaincre, seulement à expliquer. La différence ne sépare pas, elle relie, elle est richesse. « La méthode scoute forme des citoyens utiles, heureux et artisans de paix », rappelle Philippe. 

Avant de repartir, chacun reçoit un badge. Petit objet, grand souvenir. Et Philippe conclut avec les mots de Baden-Powell : « La meilleure manière d’atteindre le bonheur est de le donner aux autres ». 

En redescendant vers la ville, les conversations reprennent. Mais quelque chose a changé : une mémoire s’est ravivée, un héritage s’est transmis, presque sans bruit. Et sur les hauteurs de Nice, l’esprit scout continue de marcher. 

Un camp découverte pour des jeunes du Centre Social et Culturel « Hissez Haut » de Nanterre

Un camp découverte pour des jeunes du Centre Social et Culturel « Hissez Haut » de Nanterre

Inspirés par la dynamique éducative « Clameurs ! », Marie, Ambre, Giovanni et Julia, compagnons (17-21 ans) à Paris, se sont lancé un défi : organiser un camp de découverte du scoutisme pour 15 jeunes de 11 à 17 ans du Centre Social et Culturel “Hissez Haut” de Nanterre (92). Retour sur un projet qui fait grandir !

Marie, Ambre Giovanni et Julia, quatre compagnons du groupe Notre-Dame-des-Otages (Paris XXe) ont eu l’opportunité de faire découvrir le scoutisme à d’autres jeunes. Quand s’est présentée l’opportunité de réaliser un camp découverte avec le Centre Social et Culturel de Nanterre « Hissez Haut » où Julia réalise son Service Civique, l’équipe l’a saisie. « Ma tutrice a rapidement montré un intérêt pour le scoutisme, notamment pour son approche pédagogique et les valeurs qu’il véhicule. C’est comme ça qu’est née l’idée de le faire découvrir aux jeunes du centre, en leur offrant une expérience différente de celles qu’ils avaient l’habitude de vivre », explique Julia.

Un défi, ça se prépare !

L’équipe se lance alors dans un défi, certes de taille, mais pour lequel elle ne part pas sans expérience : deux de ses membres sont également cheftaines. Les 4 compagnons se sont par ailleurs rapidement rapprochés de l’équipe nationale « Diversité et Inclusion » des Scouts et Guides de France afin d’obtenir des conseils pour la réalisation de ce projet.

Marie, Ambre, Giovanni et Julia organisent ainsi l’intégralité du camp, de l’intendance aux activités en passant par le matériel, le planning et le budget. Par ailleurs, consciente que le lien avec les jeunes et les familles est essentiel pour partir en toute confiance, l’équipe réalise en amont une réunion avec les parents. Cela afin de les rassurer et de leur permettre de rencontrer l’équipe encadrante, complétée par Elsa, cheftaine pionniers-caravelles du groupe Notre-Dame-des-Otages (75), et Chaïma, animatrice au Centre Social et Culturel.

Une aventure enrichissante

L’arrivée dans le parc de Jambville (78) marque le début d’un camp où « le programme a été pensé pour offrir une véritable découverte du scoutisme » raconte Julia. Elle ajoute : « les activités ont été choisies pour faire découvrir les incontournables du scoutisme : dès le premier jour, les jeunes ont construit leurs propres tables, qu’ils ont utilisées pendant tout le camp ». Les ados découvrent les nuits sous tente avec une météo peu clémente. C’est « le seul point négatif du camp » confie raconte Chaïma, animatrice au Centre Social et Culturel.

Les trois jours et deux nuits ont été « une expérience très enrichissante » se réjouit Julia. « Cette aventure, poursuit-elle, a confirmé mon envie de continuer à organiser des projets dans l’esprit du scoutisme : des projets ouverts, solidaires et inclusifs. Elle a aussi renforcé la conviction qu’il est possible, à notre échelle, de faire une réelle différence ». De son côté, Chaïma raconte : « J’ai sincèrement apprécié la bienveillance des chefs et cheftaines envers les jeunes, la transmission et les animations qui sont bien différentes de celles que nous avons l’habitude de faire. Nous aurions voulu prolonger ce mini-camp. Nous pensons réitérer l’expérience ».

Un défi ambitieux, relevé avec brio !

Une mémoire à honorer, une promesse à transmettre

Une mémoire à honorer, une promesse à transmettre

Samedi 13 décembre 2025, la cathédrale Notre-Dame de Paris a accueilli la béatification de 50 catholiques français, martyrs du STO. Parmi eux, 14 Scouts de France morts pour avoir porté leur promesse jusqu’au bout. Un devoir de mémoire, qui donne de l’élan aux chefs et cheftaines présents pour poursuivre leur engagement.

« Robert Beauvais, scout de Paris, mourut à Neuengamme, le 10 janvier 1945 ». Debout face à l’autel de Notre-Dame de Paris, le père Bernard Ardura, en aube rouge, couleur des martyrs, énumère les noms de cinquante jeunes contraints de partir en Allemagne en 1943 pour le STO, le service de travail obligatoire.

Les jeunes cités sont séminaristes, prêtres, ou membres d’association de jeunesse catholique, notamment des Scouts de France. Tous ont en commun leur foi chrétienne, et tous ont été exécutés ou déportés parce qu’ils ont décidé de la vivre jusqu’au bout. Le père Bernard Ardura défend leur cause en béatification ; il est le « postulateur», c’est-à-dire qu’il a monté et présenté au pape Léon XIV un dossier pour que ce dernier les reconnaisse martyrs, et « bienheureux», un titre honorifique accordé par l’Église, qui précède celui de saint. 

Une célébration sensorielle aussi

Après l’accord de Léon XIV, samedi 13 décembre, une grande messe est célébrée à Notre-Dame de Paris pour la béatification des 50 martyrs. Parmi eux, 14 scouts de France. Alors dans l’assemblée, on aperçoit naturellement quelques chemises aux couleurs vives représentant toutes les branches du mouvement. 

Romain, chef louveteaux-jeannettes à Paris, a tenu à emmener ses jeunes à cette célébration. « Même s’ils n’ont pu rester concentrés pendant deux heures et demie, cela les a marqués », assure le chef.

Sensibilisés au préalable, ces jeunes âgés de 8 à 11 ans, ont vécu « la cérémonie de manière très sensorielle : Notre-Dame, l’orgue, les évêques… » L’émerveillement atteint son apogée quand, une fois la liste des martyrs lue, et la demande de béatification officiellement acceptée, un lourd rideau rouge tombe et dévoile un tableau coloré représentant les martyrs.

Être chrétiens face au nazisme

La suite de la célébration permet d’entendre l’histoire de ces scouts, de célébrer leur engagement et leur foi et de formuler un vœu de paix pour demain. « Le but n’était pas seulement de célébrer le passé, ni de raviver une rivalité ou une violence, témoigne Romain. Au contraire, l’idée était de repartir de cette histoire pour reconstruire une unité, à partir d’une connaissance partagée du passé. C’est aussi pour ça que certains passages de la messe étaient en allemand. » 

Quand les jeunes hommes sont contraints de partir en Allemagne en 1943, les scouts sont en effet appelés à partir en «missionnaire» : « Vous n’ignorez pas que le Christ a beaucoup d’adversaires en Allemagne. On ne veut pas accepter sa doctrine de pitié, de charité, de miséricorde, écrivait l’archevêque de Toulouse, Monseigneur Saliège, dans une lettre adressée aux routiers (l’équivalent des compagnons, NDLR) et aux chefs concernés par le départ en Allemagne.« Vous serez chrétiens face au nazisme ».

Un appel à l’action aujourd’hui

Malgré le quotidien des camps de travail et la surveillance de l’administration nazie, les scouts parviennent à monter des groupes et à organiser des activités : colis partagés, visites auprès des malades, messes, temps de prières, réunions…  Ils réussissent même à organiser quelques grands jeux en forêt ! Le mouvement s’épanouit malgré le contexte désespérant : ainsi de nombreux jeunes prononcent leur promesse en camp. C’est le cas de sept scouts qui ont été béatifiés.

«Leur martyre ne vient pas seulement du fait qu’ils aient versé leur sang, mais surtout du fait qu’ils ont agi en chrétiens, en prouvant par leurs actes leur fidélité à Dieu, à leur prochain, à leur promesse aussi ! C’est ça qui était insupportable pour les nazis », explique Romain.

Un témoignage qui l’interpelle en tant que citoyen, en tant qu’éducateur, mais aussi en tant que croyant : «Être chrétien, c’est agir et continuer à montrer de l’amour, même là où c’est le plus difficile. C’est ça, la réalité de leur martyre, et c’est un véritable appel à l’action aujourd’hui ». Une volonté d’agir partagée par Manon, cheftaine pionnier-caravelle (14-17 ans) pour qui voir les scouts, il y a 80 ans, « n’ont pas mis leur engagement entre parenthèses malgré la violence du contexte, me donne envie de continuer à être une cheftaine qui aide les jeunes à devenir des citoyens et citoyennes artisans de paix. »

« Jouer pour comprendre, rencontrer pour agir » : un défi « Clameurs ! » sur le parcours migratoire

« Jouer pour comprendre, rencontrer pour agir » : un défi « Clameurs ! » sur le parcours migratoire

Il y a quelques mois, à La Chapelle-sur-Erdre (44), 25 compagnons (17–21 ans) et trois pionniers-caravelles (14–17 ans) ont vécu une expérience marquante : participer au jeu « Parcours de migrant·e·s », créé par la Cimade. Un après-midi pour découvrir, à travers le jeu, la réalité souvent méconnue des personnes exilées et pour poursuivre concrètement la démarche « Clameurs ! ».

3 Pionniers-caravelles de 3e année et 25 compagnons ont vécu le parcours migratoire sous forme de serious game pour comprendre et débattre.

Après avoir déjà vécu de beaux moments ensemble, les territoires (antennes régionales SGDF) Loire Estuaire, Loire Vallée de l’Erdre et Atlantique-Vendée souhaitaient proposer aux jeunes une action simple et forte en lien avec la dynamique « Clameurs ! ». Le parcours migratoire, sujet sensible et d’actualité, s’est rapidement imposé. Les territoires se sont alors tournés vers la Cimade, association engagée auprès des personnes migrantes, réfugiées et déplacées, qui est un des partenaires des Scouts et Guides de France. « Nous sommes allés rencontrer la Cimade dans leurs locaux nantais avec l’objectif d’en apprendre plus et de découvrir le jeu. Nos échanges ont confirmé notre envie de le proposer aux jeunes de nos territoires », confie Benjamin, équipier territorial de Loire Estuaire. S’en est suivi l’organisation de l’évènement, avec notamment la préparation de l’animation et la fabrication des boîtes de jeu, bien entendue durables et réutilisables.  

Jouer, débattre, rencontrer

Le Jour-J, une trentaine de personnes étaient présentent pour vivre cet après-midi « Parcours de migrant·e·s » : pionniers et caravelles de 3e année (16-17 ans), compagnons et adultes accompagnateurs. En petits groupes, chaque binôme incarnait une personne migrante et avançait au fil d’événements : démarches administratives, décisions imprévisibles, lenteurs, obstacles… Des « grands témoins » – migrants, familles d’accueil, bénévoles de l’association CCFD- Terre Solidaire ou de JRS Welcome – circulaient entre les tables, apportant leur regard. 

Noémie, 18 ans, compagnon, témoigne : « Le jeu est très bien fait. Nous étions accompagnés par une personne accueillie et une personne accueillante de JRS Welcome, ce qui nous permettait de poser des questions et d’avoir différents points de vue. On prend conscience de ce que vivent les migrants face à une administration extrêmement longue, décourageante, parfois violente. J’ai réalisé que certains migrants ont plus de “facilités” parce qu’ils parviennent à prouver qu’ils fuient leur pays… mais aucun ne part par plaisir. C’était bouleversant. » 

L’objectif du jeu n’était pas de « finir » ou de « gagner », mais de créer du débat. Et il a eu lieu : riche, dense, humain.

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Vivre la rencontre avec les jeunes du Colibri 

Vivre la rencontre avec les jeunes du Colibri 

En décembre dernier, les pionniers-caravelles (14-17 ans) du groupe Saint-Louis de Saint-Dizier (52) se sont récemment mobilisés avec énergie, motivation et sens du service pour aider à l’installation de la Maison Colibri d’Ancerville (55), qui accueille des jeunes confiés à l’Aide sociale à l’enfance.  

Un partenariat qui s’inscrit dans la durée 

En juin dernier, les pionniers-caravelles (14-17 ans) avaient eu l’occasion de vivre un mini-camp de quatre jours avec les jeunes de l’association du Colibri en Haute-Marne. Un moment fort de partage qui a permis aux pionniers-caravelles de tisser des liens avec les enfants de l’association.
Maïra, caravelle de l’unité du groupe Saint-Louis se souvient : « On a fait la rencontre de deux jeunes du Colibri qui nous ont raconté leurs histoires. On s’est tout de suite bien entendu avec eux. Ils étaient très avenants et ont tout de suite voulu jouer avec nous. »
« À la fin du camp, on s’est rendu compte que le mélange entre les jeunes a bien matché. Des relations se sont nouées même en quatre petits jours. Quelques mois plus tard, cela nous a semblé naturel de leur rendre service », constate Matéo, le responsable de l’unité.

Une action concrète au service des autres 

En décembre dernier, le temps d’un week-end, les jeunes ont participé à l’aménagement des espaces de vie : montage de meubles, rangement des ustensiles de cuisine, organisation des lieux et même tonte de la pelouse. L’unité a pu créer un cadre accueillant, digne et chaleureux pour les jeunes de la maison. « C’était important pour nous d’aller aider la Maison Colibri afin d’aider ces jeunes qui vivent une situation difficile », témoigne Laya, caravelle (14-17 ans).
Cette action, pensée comme un véritable engagement solidaire, a permis aux pionniers-caravelles de mesurer concrètement l’impact qu’un groupe scout peut avoir auprès d’une initiative locale et des gens qui les entourent. « Notre mission c’est que les jeunes du Colibri arrivent dans une maison, s’y sentent bien accueillis », relate Matéo.

Apprendre à se connaitre 

Entre travail d’équipe, entraide et convivialité, cette journée a également été un temps fort de cohésion pour l’unité. « C’était un bon moyen de rencontrer d’autres jeunes de l’unité, car je ne connaissais pas tout le monde », confie un pionnier (14-17 ans). Un ressenti partagé par d’autres jeunes : « on a fait une bonne action et, en même temps, on a appris à se connaître. On a pu travailler en collectif et aider des personnes dans le besoin ». Au-delà de l’aspect technique, les jeunes ont vécu un moment porteur de sens, centré sur l’humain et la solidarité. « Notre but était vraiment d’aider et de rendre service à des gens », explique Maïra.

Une initiative réussie qui vise à inspirer d’autres unités  

À la suite de cette rénovation, les pionniers-caravelles se félicitent du succès de l’action : « on a eu la chance d’avoir eu un retour de l’équipe éducative du Colibri et leur constat est sans appel. Les jeunes se sont sentis très bien accueillis et n’avaient plus qu’à poser leur décoration pour vivre dans leur nouvelle maison. » 

Fiers de leur engagement, les pionniers-caravelles ressortent grandis et motivés pour poursuivre d’autres actions solidaires au cours de l’année. Cette expérience illustre combien les valeurs du scoutisme prennent tout leur sens lorsqu’elles s’incarnent au service d’un projet local. 

« Nous espérons que cette initiative pourra inspirer d’autres unités à s’engager à leur tour auprès de l’association Colibri ou d’autres structures locales. Chaque geste compte, et cette action montre combien la présence des scouts peut être utile, positive et profondément humaine pour un territoire » conclut Émilien, le responsable du groupe Saint-Louis !

En savoir plus sur l’association du Colibri

L’association du Colibri offre à des enfants et adolescents placés par l’Aide Sociale à l’Enfance, un cadre sécurisant et un accompagnement individualisé durable dans des maisons chaleureuses de type familial. Avec l’aide de la méthode scoute, les jeunes peuvent, au sein du Lieu de vie, trouver et construire un projet de vie, accompagnés par une équipe éducative pluridisciplinaire.

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