À l’occasion de la visite officielle du président de la République au Vatican, les 9 et 10 avril 2026, Pierre Moneger-Rogge président des Scouts et Guides de France, a pris part à la délégation présidentielle. Nous lui avons posé quatre questions pour revenir sur le sens et les enseignements de ce déplacement.
Peux-tu raconter dans quel contexte tu as fait partie de la délégation présidentielle pour aller rencontrer le Pape ?
Le 1er avril dernier, les Scouts et Guides de France ont reçu un message, puis un appel téléphonique aussi inattendu qu’improbable. J’étais invité, au nom du mouvement, à faire partie de la délégation accompagnant le président de la République lors de son déplacement au Saint-Siège.
Passé le moment d’incrédulité, nous avons accueilli cette invitation avec gratitude. Nous y avons vu une reconnaissance de la place particulière des Scouts et Guides de France dans le champ de l’éducation à la paix, au sein des mouvements catholiques de jeunesse et de l’éducation populaire.
Pourquoi était-il important pour les SGDF d’être présents et de rencontrer le Pape dans ce cadre ?

Cette invitation représentait plus qu’un geste protocolaire. Elle permettait d’incarner, au cœur d’une délégation composée d’acteurs missionnaires, éducatifs, caritatifs et intellectuels, la diversité de l’Église et des engagements pour la paix.
Pour les Scouts et Guides de France, c’était aussi l’occasion d’apporter notre voix, notre expérience éducative et de participer à la construction de « ponts » entre acteurs de bonne volonté. L’objectif était clair : renforcer et développer des actions communes en faveur d’une paix « désarmée, désarmante, juste et durable », telle que nous y appelle le pape Léon XIV.
Qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de cette visite ?

Les échanges de haut niveau ont été particulièrement marquants. La rencontre entre le président de la République, Emmanuel Macron, et le Secrétaire d’État du Saint-Siège, Son Éminence le cardinal Pietro Parolin, a permis de dégager des pistes d’actions partenariales concrètes, accessibles aux acteurs éducatifs, pour répondre aux indignations suscitées par l’inhumanité de la guerre.
Par ailleurs, les temps d’échange avec les représentants du secteur éducatif ont mis en lumière une volonté partagée de bâtir une politique de jeunesse attentive à la diversité des parcours, aux enthousiasmes comme aux fragilités, afin de favoriser une véritable paix intérieure pour ces jeunes.
À l’heure de la loi du plus fort et des conflits armés, quel rôle le Pape et les Scouts et Guides de France peuvent-ils jouer comme messagers de paix ?
Cette participation à la délégation présidentielle en visite au Vatican nous conforte dans notre mission d’éducateurs et d’éducatrices à la paix, d’acteurs et d’actrices de dialogue et de solidarité, tout en nous engageant davantage.
C’est un appel du Pape, de l’Église, c’est une attente de la société et des pouvoirs publics. Notre réponse est déjà à l’œuvre dans la vie des unités, des groupes et des territoires, elle prendra aussi une expression particulière lors de notre prochaine Assemblée générale, du 8 au 10 mai 2026.