En janvier dernier, dans le Nord Isère, un groupe de 80 bénévoles, composé de jeunes du mouvement Scouts et Guides de France et de leurs parents, ont participé à un chantier d’agroforesterie participative. L’objectif : protéger collectivement un espace naturel sensible. Défi relevé !
La journée est humide, le vent vient du nord, il fait -4°C ce samedi de janvier. Malgré ces conditions, les jeunes du groupe de Vienne Saint Raphaël Veil, près de Lyon, et leurs parents, se sont réunis pour une mission bien spécifique : un chantier d’agroforesterie participative.
Toutes les tranches d’âges, des farfadets (6-8 ans) jusqu’aux compagnons (17-20 ans), se sont mobilisées pour ce programme qui vise à préserver la biodiversité d’un terrain fragilisé, à accélérer les changements de pratiques en faveur de l’écologie et à regénérer les écosystèmes en milieu rural.
« Pendant une journée, nous sommes intervenus sur un espace naturel sensible pour réaliser des aménagements », explique Christophe, responsable de groupe. « Nous avons aménagé une source pour la protéger, nettoyé des quantités incroyables de bois mort et coupé, planté un kilomètre de clôture afin de protéger des plantations d’arbres et de haies. » Ce terrain, qui abrite des espèces de crapauds, d’écrevisses et d’orchidées rares en France, est entretenu par une éleveuse de chèvres et de moutons, Bérengère. Mais la tâche est bien grande pour une seule personne.
L’éleveuse a été particulièrement touchée par cette mobilisation collective, qu’elle n’imaginait pas possible au vu de l’ampleur de la tâche. Les jeunes en étaient bien conscients : « Ça m’a fait plaisir de voir Bérangère heureuse », déclare Zélie, 8 ans.
La joie du travail collectif accompli

La journée de travail a été intense pour les jeunes bénévoles, qui en ressortent fourbus. « Je me suis occupé de gérer le parking. J’ai ramassé, coupé, trié et brulé du bois, j’ai nettoyé des ruines, » détaille Maëlle, 16 ans. « Quand on fait les choses avec le sourire, c’est plus facile pour tout le monde. »
C’est donc la joie du travail d’équipe accompli qui domine à la fin de la journée. « Je suis fière de moi et des autres scouts et guides qui ont participé au projet. J’aimerais le refaire, j’en ai parlé à mes amis. En plus, j’y suis retournée le lendemain pour montrer le résultat à mes parents », raconte encore Zélie.
Ce projet a été l’occasion d’expérimenter le service collectif et « d’apprendre des nouvelles choses grâce aux grands », selon les mots d’Apolline, 7 ans. La journée a aussi permis à chacun de se sensibiliser à la protection d’un écosystème fragile. « J’ai vu des salamandres, c’est la première fois ! » s’enthousiasme-t-elle.
« Oui ce n’est pas facile de se lever pour braver le froid et le mauvais temps un samedi matin. Mais quand on rentre fatigués, pleins de boue et de souvenirs, on est heureux d’y être allé et d’avoir partagé ces moments ! » ajoute encore Maëlle.
L’envie de s’impliquer dans un projet en lien avec l’environnement a émané des jeunes du groupe, lors d’un Conseil des jeunes, l’année passée. Les plus âgés (14 à 21 ans), se retrouveront cet été à Clameurs, un rassemblement de 20 000 Scouts et Guides du même âge, où ils pourront partager les défis relevés depuis septembre, en lien avec l’environnement, la nature ou à visée sociale. L’objectif : vivre un temps fort et collectif de jeu, de discussions et de réflexion autour des questions sociales et écologiques.