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Un camp scout pour comprendre et protéger le vivant

Un camp scout pour comprendre et protéger le vivant

En juillet dernier, une cinquantaine de jeunes de 4 groupes de toute la France sont partis à la découverte de la biodiversité au cœur de la montagne, à Chalmazel, dans la Loire (42). Au programme de ce Point Rouge : découvrir le vivant et apprendre à le préserver. 

Un camp en lien avec des partenaires locaux 

Tout au long du camp, les jeunes ont découvert le territoire grâce à celles et ceux qui le connaissent le mieux. Une dizaine de partenaires locaux ont contribué à faire vivre cette aventure hors du quotidien pour ces jeunes entre 14 et 17 ans. Forestiers, pompiers, naturalistes ou encore élus locaux ont partagé leur métier et leur regard sur ce qui les entoure. 

Ces semaines ont été l’occasion de partir à la rencontre d’une région, de ses paysages et des personnes qui s’y investissent au quotidien. Des jeux de découverte aux échanges avec le maire, en passant par l’entretien des chemins de randonnée avec l’association Marche des bons pieds, les jeunes ont appris à regarder autrement l’endroit qui les accueillait. 

« Nous ne sommes pas spécialistes du sujet. Alors, pour nous aider à atteindre nos objectifs éducatifs, on préfère s’entourer d’experts en climat, biodiversité et forêts » explique Jean-Baptiste, directeur adjoint de ce camp. 

Plusieurs partenaires, tels que l’Office français de la biodiversité et Terre de Liens ont permis aux jeunes de mieux comprendre les enjeux environnementaux, mais surtout de passer à l’action. Ils et elles ont retroussé leurs manches pour prêter main-forte lors d’un chantier avec le Parc naturel régional du Livradois-Forez visant à nettoyer une zone de biodiversité pour enrichir les espèces présentes. 

Plus que des intervenants de passage, les partenaires ont vécu des moments privilégiés avec les jeunes, notamment lors de repas partagés, pour échanger de manière plus informelle. Une particularité qui a marqué les intervenants, heureux de découvrir l’univers scout et l’énergie des jeunes. 

Une aventure collective 

Les partenaires ont rythmé le séjour, sans jamais faire oublier ce qui fait l’essence d’un camp scout : la vie collective. Au quotidien, les jeunes ont organisé des veillées, fait leur promesse scoute, des grands jeux, des explorations, etc. Ils et elles ont appris à vivre en équipe. 

Ces deux semaines leur ont offert l’opportunité de créer des espaces d’échange sur les enjeux environnementaux, de se rencontrer, d’échanger et tisser des liens forts. Tout cela en plein air, loin des écrans et de la vie quotidienne, qui nous déconnectent parfois de la nature. 

Au moment de plier sa tente, chaque jeune repart avec des anecdotes, des souvenirs impérissables et l’envie d’agir pour protéger ce qui nous entoure.  

Incendies en Gironde : la mobilisation des Scouts et Guides de France

Incendies en Gironde : la mobilisation des Scouts et Guides de France

Depuis la semaine dernière, de violents feux de forêt touchent la Gironde et ses environs. Ces incendies ont contraint deux unités Scouts et Guides de France, venues camper dans la région, à évacuer leur camp. Grâce à la mobilisation du territoire Rives d’Aliénor d’Aquitaine et de plusieurs groupes locaux, ces unités ont pu être mises rapidement en sécurité. Christelle, déléguée territoriale, témoigne de cette mobilisation bénévole face à ces incendies où l’entraide et la réactivité ont permis de protéger les jeunes et les bénévoles.

Bonjour Christelle, est-ce que tu pourrais nous expliquer comment les événements se sont déroulés en quelques mots ?

Au moment où les incendies ont commencé à se déclarer, vendredi après-midi, nous avons rapidement été informés que deux unités, venant de la région parisienne, campaient à Castelnau-de-Médoc, sur la base Scouts et Guides de France de la Mouline. Avec mon équipe territoriale, qui s’est très rapidement mobilisée, nous avons pu réunir plusieurs voitures et camions pour pouvoir évacuer le camp de ces unités. Après les avoir évacuées dans un premier temps vers la maison paroissiale de Saint-Médard-en-Jalles, nous avons dû organiser une seconde évacuation à 4h du matin vers Talence, la progression des feux contraignant toute la ville de Saint-Médard à évacuer. Plusieurs autres bénévoles SGDF du groupe des Jalles se sont, là aussi, mobilisés pour organiser rapidement cette seconde évacuation.

Comment s’est passée la reprise des camps par la suite ?

Le dimanche, suite à l’évacuation de Talence, une première unité a pris la décision de continuer son camp au prieuré de Saint-Thomas d’Épernon (28). Elle est donc directement partie de la Gironde.

Une seconde unité s’est rendue à Génissac (33), grâce à des parents du groupe de l’Entre-deux-Mers, sur un camp accompagné (camp soutenu par un territoire), pour y rester temporairement. Quelques jours plus tard, avec l’accumulation de la fatigue et tout le stress que ces événements peuvent générer, les équipes d’éducateurs et d’éducatrices ont finalement fait le choix de continuer leur camp au centre d’activité de Jambville (78).

Ces unités ont su trouver les ressources nécessaires pour continuer à faire vivre du scoutisme aux jeunes. Une belle preuve de résilience !

Aurais-tu un dernier message à transmettre ?

Alors tout d’abord, je voudrais dire un grand MERCI à mon équipe territoriale, au groupe des Jalles et aux parents du groupe de l’Entre-deux-Mers pour leur sens de l’entraide et leur réactivité. C’est grâce à leur soutien et à leur action que cette évacuation a permis de garantir un cadre sécurisant pour les unités.

De manière plus globale, je pense que ces événements nous montrent bien à quel point il faut continuer à faire beaucoup de prévention auprès de nos unités et de nos jeunes sur le sujet des feux de forêt. Avec les conditions climatiques actuelles et la rapidité avec laquelle un feu peut se propager, la pratique du feu de camp reste très dangereuse. Pour les années à venir, je pense qu’il faut repenser complètement notre manière de vivre le scoutisme et faire évoluer notre rapport à l’usage du feu en camp, en particulier pendant l’été.


À la suite de ce témoignage, les Scouts et Guides de France tiennent à exprimer leur plus sincère soutien aux personnes sinistrées par ces incendies.

Le mouvement tient également à remercier tous les bénévoles qui ont œuvré pour garantir la sécurité des jeunes. Nous souhaitons aussi saluer l’implication des salariés en charge de la ligne d’urgence, dont la mobilisation a permis d’accompagner d’autres unités dans l’évacuation de leur camp, impactées par les incendies de Biscarrosse et Saumos.

Enfin, notre association souhaitait adresser sa profonde reconnaissance aux sapeurs-pompiers et aux services publics de Gironde, qui se battent depuis plusieurs jours pour protéger les populations et lutter contre ces incendies.

Les SGDF commémorent les 75 ans du décès du Père Jacques Sevin

Les SGDF commémorent les 75 ans du décès du Père Jacques Sevin

Le 19 juillet 2026 marque les 75 ans de la disparition du Père Jacques Sevin, cofondateur des Scouts de France.et du scoutisme catholique en France. À cette occasion, Jean-Jacques Gauthé, membre du réseau archives et histoire de l’association, revient sur l’importation du scoutisme en France et la création des Scouts de France. Un récit qui retrace les origines du scoutisme catholique français et qui explique l’identité et la culture des Scouts et Guides de France aujourd’hui.  

Bonjour Jean-Jacques, pourrais-tu d’abord nous raconter comment le scoutisme, issu de Robert Baden-Powell, avec sa culture britannique et protestante, est arrivé en France ?

Inventé en 1907 en Grande-Bretagne par Baden-Powell, le scoutisme arrive en France en 1911. Des pédagogues, militaires et journalistes l’ont découvert outre-Manche et veulent l’implanter en France. Plusieurs associations naissent, mais contrairement au modèle britannique, ouvert à différentes confessions, elles se structurent ici selon des bases religieuses, dans un contexte tendu entre la République et l’Église catholique. Dès 1911, sont fondés les Éclaireurs de France, neutres sur le plan religieux, et les Éclaireurs unionistes, protestants. De petits groupes catholiques apparaissent aussi en Saône-et-Loire et à Nice.

Quelle a été la position de l’Église catholique lorsque le scoutisme est arrivé en France ? Comment a-t-elle évolué ?

L’Église catholique se montre d’abord très réservée, car marquée par la loi de 1905, relative à la séparation des Églises et de l’État ainsi que par une forte méfiance envers la société contemporaine. Elle redoute une pédagogie venue du monde protestant, se réclamant de l’interconfessionnalisme. Elle craint aussi la concurrence avec ses patronages (des structures catholiques d’accueil et d’éducation des jeunes). En avril 1913, 35 évêques condamnent le scoutisme dans leurs bulletins diocésains. La guerre de 1914-1918 change progressivement la situation en favorisant la réintégration des catholiques dans la société française. Dans ce contexte, le scoutisme est peu à peu accepté par les catholiques français, même si des oppositions, notamment intégristes, perdurent jusqu’à la fin des années 1930.

Quel a été le rôle du Père Jacques Sevin dans l’importation du scoutisme en France, notamment du scoutisme catholique ?

Le Père Sevin permet aux catholiques de s’approprier le scoutisme tout en restant fidèle à Baden-Powell, qu’il rencontre dès 1913. Licencié en anglais, il lit attentivement ses écrits et s’y réfère largement dans son livre « Le scoutisme », publié en 1922. Il y répond aux critiques sur l’interconfessionnalisme ou les liens supposés avec la franc-maçonnerie. Il renforce aussi la dimension religieuse du mouvement en ajoutant Dieu à la loi scoute, l’Église à la promesse et trois principes liés à « Dieu, à la patrie et à la famille », selon la formulation adoptée par les Scouts de France à cette époque (pour en savoir plus). Formé à Gilwell, camp-école des scouts anglais, il crée en 1923 le camp-école de Chamarande, en Essonne (91). Il fonde ainsi l’identité des Scouts de France, auxquels il donne leur nom et leur insigne. Leur progression, de 200 membres en 1920 à 75 000 en 1940, témoigne de cette réussite.

Quel impact les travaux du père Jacques Sevin ont-ils encore aujourd’hui dans notre association ? Qu’est-ce qui perdure de sa vision du scoutisme ?

Le Père Sevin a été l’âme du scoutisme catholique. Il lui a donné sa prière, inspirée d’un texte de spiritualité jésuite, et plusieurs de ses intuitions demeurent très actuelles. Dès 1927, il développe le scoutisme pour les jeunes en situation de handicap physiques. Dans son poème « L’appel du gosse », il souligne que le scoutisme doit aussi s’adresser aux plus défavorisés. La congrégation religieuse féminine que le Père Sevin créé en 1944, la sainte Croix de Jérusalem, largement formée par des cheftaines scouts et guides, prolonge largement son action et sa mémoire. Sa volonté d’ouverture, de présence au monde et d’attention à chacun et chacune, continue de marquer profondément les Scouts et Guides de France aujourd’hui.

En montagne, un groupe qui s’invente

En montagne, un groupe qui s’invente

Direction le Massif central, entre Aurillac et Saint-Flour, là où montagne se conjugue avec ruralité. La créativité prend le pouvoir pour faire exister d’abord puis fonctionner un groupe scout qui prend peu à peu son essor. Pas de doute : la mobilisation est payante et permet d’offrir du scoutisme à des jeunes, au plus près de chez eux même si c’est parfois à plus d’une heure de route… Anne, co-responsable du groupe Vercingétorix explique les choix qui ont conduit à une jolie réussite qui continue de se construire.

Grâce à l’obstination d’un adulte appuyé par un diacre, la commune de Saint-Flour (15) voit renaître en 2015 un petit groupe de Scouts et Guides de France. Un an après, 13 jeunes de tous âges y vivent du scoutisme. Tout s’arrête avec le  COVID-19 et le redémarrage s’avère très difficile. En 2024, les responsables de groupe décident de se retirer, et il est très compliqué de trouver des maîtrises… L’obstination de quelques parents prend le relais.

Les parents se mobilisent en  Équipe

Premier objectif : trouver des chefs et cheftaines ! Les parents s’investissent ; il faut se montrer ! Articles dans la presse, annonces lors des messes, animations dans différents lieux… finissent par payer. Anne et Bastien acceptent de coordonner l’ensemble en devenant responsables du groupe. Les enfants sont très motivés et poussent les parents. Pourtant, certains habitent loin et mettent une heure et demie pour venir. Mais covoiturage et organisation des activités leur permettent d’être toujours présents.

Fonctionner autrement

« Aujourd’hui, nous avons 50 jeunes au total et 20 parents actifs. Potentiellement il y a 20 jeunes qui veulent entrer dans le groupe l’an prochain… ». Pour remédier aux questions de distance, le groupe ne fait que des week-ends, regroupant toutes les tranches d’âge et un certain nombre de parents – anciens animateurs, enseignants, forts d’avoir été portés par leurs enfants, en particulier farfadets – font de l’animation. « Nous sommes en montagne et il est difficile de camper en toutes saisons… Pour l’an prochain, nous allons tenter de faire plus de week-ends en début et fin d’année. ». En hiver, un très grand gîte permet à tous et toutes de se retrouver pour vivre du scoutisme. Une ou deux mamans préparent les repas avec l’aide de jeunes ; « on veille à ce que les jeunes participent aux tâches transverses, en particulier à la cuisine, car on se met alors véritablement au service de toutes et tous, et c’est important qu’ils le ressentent. »

Imagination et persévérance aux manettes

Le groupe commence à être plus visible et ne se prive pas de le montrer, notamment dans les paroisses, afin de recruter des maîtrises. Et ça marche ! Ainsi Alex, scout du Burundi et étudiant à Aurillac, les a contactés à une sortie de messe et a intégré le groupe. Deux jeunes animatrices du pélé VTT1 ont aussi pris contact. Le groupe est prêt à financer les BAFA ; des jeunes de première et terminale rejoignent des maîtrises car « nous n’avons pratiquement pas d’étudiants sur place » explique Anne. « On s’appuie aussi beaucoup sur notre aumônier qui vient de fêter ses 80 ans ! »

Ainsi, peu à peu, le groupe Vercingétorix se développe et se consolide. Un exemple qui démontre l’efficacité des capacités d’adaptation au sein du mouvement, au service d’un scoutisme de qualité ! Une expérience inspirante qui montre qu’avec de l’imagination, de la persévérance et un fort engagement collectif, le scoutisme peut continuer à grandir.

1 En savoir plus sur le pélé VTT

Le pélé VTT est une initiative de l’Église catholique ouverte à tous les jeunes, baptisés ou non. L’organisme propose un pélerinage de 5 jours à vélo avec d’autres jeunes, en direction d’un sanctuaire marial ou d’une cathédrale. 

Les Scouts et Guides de France font battre le cœur de la France

Les Scouts et Guides de France font battre le cœur de la France

Chez les Scouts et Guides de France, nous le constatons chaque jour : les associations sont partout. Dans nos territoires, dans nos vies, à chaque étape de nos parcours, elles accompagnent, soutiennent, relient souvent sans que l’on en ait conscience.

Elles sont aujourd’hui essentielles, et font vivre ce qui nous unit. Les associations font battre le cœur de la France !

Nationalement comme localement, nos partenaires associatifs accompagnent et renforcent les actions du mouvement. Le projet éducatif des Scouts et Guides de France le rappelle : « l’éducation doit se faire ensemble : famille, école et partenaires associatifs ». Soutenir la vitalité associative, c’est soutenir l’éducation des enfants et des jeunes. 

Faisons entendre ce battement 

C’est pourquoi les Scouts et Guides de France se mobilisent aujourd’hui aux côtés du Mouvement Associatif et de France Générosités pour participer à la campagne « La France qui (se) bat »

Un élan collectif pour faire entendre ce battement et faire rayonner la force essentielle du monde associatif. Ce battement est un signal commun, positif, que nous allons faire résonner dans toute la France.

Comment participer ? 

Chacun, chacune peut prendre part à cette mobilisation : 

  • Participer au défi danse : un geste simple, accessible à toutes et tous. Le principe : se filmer, seul ou à plusieurs, reproduire le geste et publier sa vidéo sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Battement et en mentionnant les Scouts et Guides de France.
Charles Le Gac élu président des SGDF : une nouvelle équipe de gouvernance pour le premier mouvement éducatif de France

Charles Le Gac élu président des SGDF : une nouvelle équipe de gouvernance pour le premier mouvement éducatif de France

Ce samedi 6 juin, Charles Le Gac a été élu président des Scouts et Guides de France par le conseil d’administration. Le bureau de l’association a également été renouvelé : Julie Lefort et Jeanne-Leïla Mounaud deviennent vice-présidentes, Antoine Piollat devient secrétaire et Éric Germain devient trésorier.

Cette élection s’ajoute à la prise de fonction d’Anne Guibert comme déléguée générale, intervenue le 10 mai, et à la nomination du père Philippe Guitart, prêtre du diocèse de Narbonne et Carcassonne et scout de longue date, qui deviendra aumônier général du mouvement à la rentrée.

Ensemble et forts de leurs expériences et de leurs parcours, Charles Le Gac, Anne Guibert et Philippe Guitart auront à cœur d’animer le déploiement du projet éducatif dans ses dimensions politique, opérationnelle et spirituelle. Cette gouvernance renouvelée ouvre une nouvelle étape dans la conduite du projet du mouvement.

Dans une époque traversée par les fractures et les incertitudes, en France comme dans le monde entier, la nouvelle équipe attachée à un scoutisme exigeant, ouvert et adapté à notre temps, accompagnera les équipes bénévoles dans la construction des réponses éducatives nécessaires face aux enjeux contemporains. Elle sera particulièrement mobilisée pour permettre aux enfants et aux jeunes d’exprimer leurs aspirations à construire un monde meilleur, plus juste et plus solidaire. 

Dès cet été, ils accompagneront les équipes bénévoles de l’association qui rassemble plus de 100 000 adhérentes et adhérents dans l’organisation de près de 3 000 camps partout en France métropolitaine et en Outre-Mer.

Charles Le Gac : un parcours au service du collectif et du lien social

Photo de Charles Le Gac, nouveau président des SGDF

Cette élection de Charles Le Gac comme président des SGDF s’inscrit dans la continuité pour celui qui a été vice-président du mouvement pendant un an et membre du conseil d’administration depuis 2024, mais aussi louveteau puis scout dans ses jeunes années.

Charles Le Gac a consacré l’essentiel de sa carrière au service des plus fragiles et au renforcement du lien social. Son engagement éducatif chez les Scouts et Guides de France l’a ensuite conduit à diriger la Délégation catholique pour la coopération (DCC), puis à œuvrer auprès des publics vulnérables au Secours Catholique à Paris. En 2018, il prend la tête de Soliko, société d’investissement solidaire créée par la Fondation pour le Logement et qui contribue notamment à la lutte contre le mal-logement. 

Tout au long de ce parcours, il a fait dialoguer des mondes habituellement éloignés avec la même méthode : faire confiance, accompagner les projets, créer les conditions pour que les acteurs portent ensemble, dans un esprit de solidarité, d’ouverture, de dialogue et de développement. 

À l’occasion de son élection, Charles Le Gac déclare : « Je suis très heureux de la confiance qui m’a été accordée pour présider les Scouts et Guides de France. Le scoutisme, c’est une expérience qui a marqué ma jeunesse et ma vie de jeune adulte. Dans toutes les dimensions de ma vie, j’ai gardé l’envie de servir, le sens de l’équipe et la conviction que la confiance est une force. Aujourd’hui plus que jamais, la méthode et les valeurs du scoutisme, créées il y a plus de 100 ans pour former des citoyennes et des citoyens engagés pour la paix, ont toute leur place pour « construire le bien » et « rester humains » en répondant à l’appel du Pape Léon XIV à préserver la relation humaine, elle-même si importante au cœur de notre mouvement, comme ciment de nos sociétés. »

Fête de groupe en famille

Fête de groupe en famille

Afin de conclure l’année nous vous invitons, avant les camps d’été, à venir vivre du scoutisme en famille.

Samedi 27 juin
16h Révisez avec vos enfants les fondamentaux du scoutisme. ⛺🏃🏃‍♀️🎲
19h30 Repas partage et veillée au local 🔥🥛🥧

Dans le Berry, tout est histoire de connexion

Dans le Berry, tout est histoire de connexion

À Saint-Amand-Montrond (18), au cœur d’un territoire rural où le scoutisme avait disparu, un groupe des Scouts et Guides de France renaît en 2020. Porté par des adultes du territoire, ce groupe démontre qu’il est possible d’être chef autrement, d’offrir des instants de scoutisme et de s’adapter aux réalités locales.

Ancien scout engagé jusqu’à ses 23 ans, Jérome Pascaud revient s’installer à Saint-Amand-Montrond, au cœur du Berry. « Je voulais que mes enfants découvrent le scoutisme. Sauf qu’ici, il n’y avait plus rien. » Dans cette commune rurale située à une cinquantaine de kilomètres de villes comme Montluçon ou Nevers, le scoutisme avait disparu. « On est dans ce qu’on appelle la diagonale du vide ! »

En 2020, à la suite d’une rencontre, « nous étions trois à repartir de zéro autour d’Isabelle et Marie ». Très vite, une dynamique se crée. « On a répondu à une vraie demande, surtout après le COVID-19. » Aujourd’hui, 37 jeunes sont accueillis, venant du bourg et des villages alentours. Le groupe reflète la diversité du territoire. « On a une grande mixité sociale, entre enfants d’agriculteurs, employés ou jeunes en famille d’accueil. » Beaucoup de familles ne sont pas pratiquantes. Nous accueillons tout le monde, convaincus que la diversité est une richesse.

Un scoutisme ancré dans le territoire

« On passe nos week-ends en pleine nature, souvent chez des agriculteurs, et le luxe réside dans des lieux différents à chaque fois. » C’est un cadre privilégié, mais qui cache une réalité : « Ce qui est surprenant, c’est que même ici, les jeunes sont très déconnectés de leur environnement. Ils sont aussi connectés qu’en ville. » Le scoutisme devient alors un levier de reconnexion : « Ils se réapproprient leur territoire. Ils en deviennent plus fiers. »

Être chef autrement

Dans ce contexte, être chef ne ressemble pas au modèle classique. Jérôme est parent, installé localement, engagé dans la durée. Le groupe fonctionne avec peu de chefs : « Aujourd’hui, nous avons trois chefs pour tout le groupe, et pas de chef pour les pionniers-caravelles. » Alors on s’adapte : « Je les accompagne, mais je les laisse aussi plus autonomes. »

Même l’éloignement ne freine pas l’engagement. « Une de nos cheftaines étudie à Clermont-Ferrand et revient chaque week-end. » Et il le souligne : « On doit dire merci à ces jeunes prêts à revenir en campagne un week-end par mois pour proposer du scoutisme. »

Faire vivre pour faire naître

Dans ces territoires, faire connaître le scoutisme ne passe pas par des affiches. « Une réunion d’information ou un flyer, ça ne suffit pas. » Le groupe privilégie l’expérience : « On organise des après-midis scouts pour faire vivre quelque chose. » Ces animations ponctuelles permettent une découverte concrète. Et parfois, une simple expérience suffit : « Un enfant m’a dit qu’il était revenu parce qu’il avait joué toute une après-midi et mangé des chamallows grillés. »

À Saint-Amand-Montrond, le scoutisme ne s’est pas simplement implanté : il s’est adapté. Porté par des adultes du territoire, organisé différemment, ancré dans le milieu rural, il montre qu’il est possible de faire autrement et de s’ajuster à son environnement.