Incarner les valeurs du scoutisme dans les espaces numériques

Incarner les valeurs du scoutisme dans les espaces numériques

En février dernier, à l’occasion du Safer Internet Day, une délégation de pionniers et de caravelles (14-17 ans) du territoire Vallée Sud de Seine s’est rendue dans la 2ème instance le plus importante de la démocratie française : le Sénat. L’objectif ? Présenter devant plusieurs acteurs et actrices du numérique français, le fruit d’une réflexion de plusieurs mois — en collaboration avec le programme Internet Sans Crainte de l’entreprise Tralalère — autour du thème de la santé mentale et du numérique. Retour en témoignages sur cette journée riche en rencontres et en partages autour d’un un sujet plus que jamais d’actualité.

Un projet désormais annuel, qui porte des ambitions au niveau national

Comme chaque année, depuis 4 ans maintenant, une délégation constituée d’une petite vingtaine de pionniers-caravelles (14-17ans) a travaillé sur un thème emblématique du numérique, choisi par le programme Internet Sans Crainte, désormais partenaire des Scouts et Guides de France. Cette année il s’agissait de la santé mentale avec l’interpellation « Les écrans et toi comment ça va ? ». À la suite de cette thématique donnée, les jeunes ont réfléchi sur les conséquences sur leur vie quotidienne de l’omniprésence des réseaux : relations, temps passé, sentiment d’oppression, mais aussi belles découvertes parfois !

Anne Chokstang, membre de l’équipe territoriale Vallée Sud de Seine témoigne « un des objectifs principaux de la participation des jeunes au SID est de contribuer à construire des supports pédagogiques à destination d’autres jeunes du même âge sur le numérique (placés dans les collèges / lycées et ACM). Là, les thèmes abordés portaient sur l’identification de moyens de protection, notamment face à certaines formes de harcèlement liées aux notifications incessantes et au scroll infini.

Anna, caravelle, décrit les travaux qui ont été menés par la délégation du territoire : « Internet sans Crainte nous a proposé de réfléchir à une campagne pour mobiliser les jeunes autour du thème du SID de cette année. Au début on était partis sur un titre avec des jeux de mots mais on a plutôt choisi le ton de l’humour avec des visuels qui font penser à des memes pour attirer l’attention des jeunes dans les lycées. »

L’aboutissement de ces plusieurs mois de travaux s’est conclu au Sénat. Les Pionniers-Caravelles ont ainsi eu la chance de pouvoir présenter leurs travaux et d’échanger avec différentes personnalités engagées sur le sujet du numérique et de la protection de l’enfance.

Santé mentale et numérique : des jeunes conscients des enjeux actuels

Par le biais de leurs travaux, pionniers-caravelles de Vallée Sud de Seine, ont pu apprendre, et s’interroger sur l’impact du numérique dans leur vie, qu’il soit positif ou négatif

« Je trouve que c’est stressant de recevoir beaucoup de notifications parce qu’on doit répondre à tout le monde rapidement et on doit réfléchir à différentes réponses en même temps. Du coup je mets le mode « Ne pas déranger » mais ça à aussi des points négatifs. Par exemple, j’ai des amis qui ne sont pas dans mon lycée et qui habitent loin donc les messages sont un peu le seul moyen de communiquer. Du coup ils me reprochent de pas répondre rapidement. » explique Mathilde, Caravelle.

Valentine, de son côté, apporte une nuance « Il n’y a pas que du négatif sur les réseaux pour moi c’est aussi une façon de m’identifier et de prendre confiance en moi parce qu’il y a beaucoup de représentation. Je suis passionnée de politique et sur Insta je peux suivre l’actualité ou des créatrices de contenu qui m’inspirent comme Grande Bavardeuse et Claire Nouvian. Sur Tik Tok aussi on retrouve plein de bons plans, des recettes de cuisine, de l’inspiration. »

Riche de ces années de collaboration réussies à l’échelle territoriale, le partenariat s’élargit ! Les SGDF et Internet sans crainte s’allient à l’échelle nationale pour éduquer au numérique un plus grand nombre de jeunes. Cet exemple illustre avant tout comment chaque partenariat local peut être réplicable et enrichir les stratégies nationales des Scouts et Guides de France.

Quand Taizé vient à Paris

Quand Taizé vient à Paris

Du 28 décembre 2025 au 1ᵉʳ janvier 2026, Paris et l’Île-de-France ont vibré à un rythme singulier : celui des rencontres européennes organisées par la Communauté de Taizé, événement annuel rassemblant des jeunes chrétiens de toute l’Europe autour de la prière et de la rencontre. Pour cette 48ᵉ édition, près de 15 000 participants âgés de 18 à 35 ans ont répondu à l’appel, venus de dizaines de pays pour célébrer la fin d’année dans un esprit de paix et de partage.

Les 15 000 jeunes participants, logés dans des salles paroissiales ou des familles d’accueil dans les huit diocèses franciliens ainsi que dans des communautés protestantes, ont vécu quatre jours de temps de prière, d’ateliers thématiques et de tables rondes. Chaque après-midi, plus d’une centaine d’activités leur étaient proposées, avec une très grande variété d’intervenants : aussi bien des professeurs d’université, que des directeurs de journaux ou des hommes et femmes politiques. « On entendait parler toutes les langues dans le métro » raconte amusé Élie, animateur Cléophas du groupe marin Rennes Anti Conti.Il faisait partie des volontaires inscrits auprès de la Communauté de Taizé pour aider au sein du « meeting support », une équipe internationale chargée d’aider les pèlerins au sein du Bercy Accor Arena en cas de besoins particuliers.

Chant, méditation et silence

Au total, deux soirées se sont déroulées à l’Accor Arena, où les participants se retrouvaient pour une grande prière commune, marquée par le chant, la méditation… et le silence. « C’était impressionnant à quel point cette grande salle, qui accueille d’habitude des concerts et des événements sportifs, était parfaitement silencieuse pendant de longues minutes », témoigne Alice, 20 ans, cheftaine scout-guide en Essonne.

Le service au cœur

Parmi les bénévoles, 60 jeunes des Scouts et Guides de France se sont mobilisés pour assurer le bon déroulement de l’événement. Distribution de 30 000 repas par jour sur le Champ-de-Mars, acheminement des pèlerins vers la Cathédrale Notre-Dame de Paris, accueil et orientation : le service était au cœur de l’expérience. Un challenge assez atypique pour Alice, qui rapporte que les touristes demandaient aux bénévoles dans la rue s’ils étaient les « new gilets jaunes ». Venue à Paris avec sa famille, cette expérience lui a permis de faire de nombreuses rencontres, scoutes ou non.

Croire ensemble à la paix et à la confiance

Loin d’un réveillon classique, la nuit du 31 décembre s’est vécue dans la sobriété et la fraternité. Chants de Taizé, échanges simples, prières communes : une manière différente d’entrer dans la nouvelle année. « La simplicité de Taizé remplit mieux Bercy que bien des événements », confie Élie.

Pour beaucoup, ces rencontres laissent une trace durable : celle d’une Europe jeune, solidaire et profondément humaine, réunie quelques jours pour croire — ensemble — à la paix et à la confiance.

À Nice, les scouts et guides marchent dans les pas d’Olave et Robert 

À Nice, les scouts et guides marchent dans les pas d’Olave et Robert 

Le 22 février dernier, une petite foule colorée se retrouve à l’arrêt du tramway sur les hauteurs de Nice. Au programme, une marche, une mémoire, et beaucoup d’émotion ; car, les scouts et guides ont inauguré un lieu de nature désormais dédié à Olave et Robert Baden-Powell, figures emblématiques du scoutisme et du guidisme. 

Il est 9 heures, les foulards se reconnaissent avant les visages. On se salue, on ajuste un sac. Ils sont près de 80, venus d’horizons scouts différents, mais déjà réunis par quelque chose d’invisible. La marche commence doucement, puis le sentier s’élève. Les conversations aussi. 

Pendant une heure, les groupes se mélangent. « C’est exactement ce qu’on cherche », glisse Philippe Colomb, délégué de la Fédération du Scoutisme Français sur les Alpes Maritimes (06), présent parmi eux. « Que les jeunes se rencontrent, apprennent à se connaître, simplement. »

Un parc naturel, une aire symbolique

Le lieu apparaît. L’Aire Saint-Michel est un espace ouvert, calme, chargé d’histoire. Ici, des scouts marchent depuis presque un siècle ! Et ici, en avril 1934, Robert Baden-Powell lui-même était venu partager un banquet avec des jeunes. « Vous voyez, la date et le lieu n’ont pas été choisis au hasard », rappelle Philippe dans son discours. 

La cérémonie est simple, mais solennelle. En présence d’une adjointe au maire de Nice et de Romain Fernandez, Président du Scoutisme Français, une plaque est dévoilée : Olave et Robert Baden-Powell, fondateurs du scoutisme et du guidisme. Parmi l’assistance, il y a comme un fil invisible entre les générations. 

Philippe parle d’histoire, de transmission, de Nice « berceau du scoutisme catholique ». Il raconte aussi ce projet relancé en 2023, l’arbre planté avec les jeunes, les années de préparation. On sent dans sa voix quelque chose de personnel, presque intime.

Une rando, un casse-croûte qui rassemblent

Puis vient le moment du repas. Un grand cercle se forme. Les sacs s’ouvrent, les boîtes circulent, les rires reviennent. Chaque groupe partage son rituel : un bénédicité, une prière, quelques mots. Qu’ils ou qu’elles soient éclaireuses de la nature, unionistes, israélites, scouts et guides de Monaco ou d’Arménie, personne ne cherche à convaincre, seulement à expliquer. La différence ne sépare pas, elle relie, elle est richesse. « La méthode scoute forme des citoyens utiles, heureux et artisans de paix », rappelle Philippe. 

Avant de repartir, chacun reçoit un badge. Petit objet, grand souvenir. Et Philippe conclut avec les mots de Baden-Powell : « La meilleure manière d’atteindre le bonheur est de le donner aux autres ». 

En redescendant vers la ville, les conversations reprennent. Mais quelque chose a changé : une mémoire s’est ravivée, un héritage s’est transmis, presque sans bruit. Et sur les hauteurs de Nice, l’esprit scout continue de marcher. 

Un camp découverte pour des jeunes du Centre Social et Culturel « Hissez Haut » de Nanterre

Un camp découverte pour des jeunes du Centre Social et Culturel « Hissez Haut » de Nanterre

Inspirés par la dynamique éducative « Clameurs ! », Marie, Ambre, Giovanni et Julia, compagnons (17-21 ans) à Paris, se sont lancé un défi : organiser un camp de découverte du scoutisme pour 15 jeunes de 11 à 17 ans du Centre Social et Culturel “Hissez Haut” de Nanterre (92). Retour sur un projet qui fait grandir !

Marie, Ambre Giovanni et Julia, quatre compagnons du groupe Notre-Dame-des-Otages (Paris XXe) ont eu l’opportunité de faire découvrir le scoutisme à d’autres jeunes. Quand s’est présentée l’opportunité de réaliser un camp découverte avec le Centre Social et Culturel de Nanterre « Hissez Haut » où Julia réalise son Service Civique, l’équipe l’a saisie. « Ma tutrice a rapidement montré un intérêt pour le scoutisme, notamment pour son approche pédagogique et les valeurs qu’il véhicule. C’est comme ça qu’est née l’idée de le faire découvrir aux jeunes du centre, en leur offrant une expérience différente de celles qu’ils avaient l’habitude de vivre », explique Julia.

Un défi, ça se prépare !

L’équipe se lance alors dans un défi, certes de taille, mais pour lequel elle ne part pas sans expérience : deux de ses membres sont également cheftaines. Les 4 compagnons se sont par ailleurs rapidement rapprochés de l’équipe nationale « Diversité et Inclusion » des Scouts et Guides de France afin d’obtenir des conseils pour la réalisation de ce projet.

Marie, Ambre, Giovanni et Julia organisent ainsi l’intégralité du camp, de l’intendance aux activités en passant par le matériel, le planning et le budget. Par ailleurs, consciente que le lien avec les jeunes et les familles est essentiel pour partir en toute confiance, l’équipe réalise en amont une réunion avec les parents. Cela afin de les rassurer et de leur permettre de rencontrer l’équipe encadrante, complétée par Elsa, cheftaine pionniers-caravelles du groupe Notre-Dame-des-Otages (75), et Chaïma, animatrice au Centre Social et Culturel.

Une aventure enrichissante

L’arrivée dans le parc de Jambville (78) marque le début d’un camp où « le programme a été pensé pour offrir une véritable découverte du scoutisme » raconte Julia. Elle ajoute : « les activités ont été choisies pour faire découvrir les incontournables du scoutisme : dès le premier jour, les jeunes ont construit leurs propres tables, qu’ils ont utilisées pendant tout le camp ». Les ados découvrent les nuits sous tente avec une météo peu clémente. C’est « le seul point négatif du camp » confie raconte Chaïma, animatrice au Centre Social et Culturel.

Les trois jours et deux nuits ont été « une expérience très enrichissante » se réjouit Julia. « Cette aventure, poursuit-elle, a confirmé mon envie de continuer à organiser des projets dans l’esprit du scoutisme : des projets ouverts, solidaires et inclusifs. Elle a aussi renforcé la conviction qu’il est possible, à notre échelle, de faire une réelle différence ». De son côté, Chaïma raconte : « J’ai sincèrement apprécié la bienveillance des chefs et cheftaines envers les jeunes, la transmission et les animations qui sont bien différentes de celles que nous avons l’habitude de faire. Nous aurions voulu prolonger ce mini-camp. Nous pensons réitérer l’expérience ».

Un défi ambitieux, relevé avec brio !

Une mémoire à honorer, une promesse à transmettre

Une mémoire à honorer, une promesse à transmettre

Samedi 13 décembre 2025, la cathédrale Notre-Dame de Paris a accueilli la béatification de 50 catholiques français, martyrs du STO. Parmi eux, 14 Scouts de France morts pour avoir porté leur promesse jusqu’au bout. Un devoir de mémoire, qui donne de l’élan aux chefs et cheftaines présents pour poursuivre leur engagement.

« Robert Beauvais, scout de Paris, mourut à Neuengamme, le 10 janvier 1945 ». Debout face à l’autel de Notre-Dame de Paris, le père Bernard Ardura, en aube rouge, couleur des martyrs, énumère les noms de cinquante jeunes contraints de partir en Allemagne en 1943 pour le STO, le service de travail obligatoire.

Les jeunes cités sont séminaristes, prêtres, ou membres d’association de jeunesse catholique, notamment des Scouts de France. Tous ont en commun leur foi chrétienne, et tous ont été exécutés ou déportés parce qu’ils ont décidé de la vivre jusqu’au bout. Le père Bernard Ardura défend leur cause en béatification ; il est le « postulateur», c’est-à-dire qu’il a monté et présenté au pape Léon XIV un dossier pour que ce dernier les reconnaisse martyrs, et « bienheureux», un titre honorifique accordé par l’Église, qui précède celui de saint. 

Une célébration sensorielle aussi

Après l’accord de Léon XIV, samedi 13 décembre, une grande messe est célébrée à Notre-Dame de Paris pour la béatification des 50 martyrs. Parmi eux, 14 scouts de France. Alors dans l’assemblée, on aperçoit naturellement quelques chemises aux couleurs vives représentant toutes les branches du mouvement. 

Romain, chef louveteaux-jeannettes à Paris, a tenu à emmener ses jeunes à cette célébration. « Même s’ils n’ont pu rester concentrés pendant deux heures et demie, cela les a marqués », assure le chef.

Sensibilisés au préalable, ces jeunes âgés de 8 à 11 ans, ont vécu « la cérémonie de manière très sensorielle : Notre-Dame, l’orgue, les évêques… » L’émerveillement atteint son apogée quand, une fois la liste des martyrs lue, et la demande de béatification officiellement acceptée, un lourd rideau rouge tombe et dévoile un tableau coloré représentant les martyrs.

Être chrétiens face au nazisme

La suite de la célébration permet d’entendre l’histoire de ces scouts, de célébrer leur engagement et leur foi et de formuler un vœu de paix pour demain. « Le but n’était pas seulement de célébrer le passé, ni de raviver une rivalité ou une violence, témoigne Romain. Au contraire, l’idée était de repartir de cette histoire pour reconstruire une unité, à partir d’une connaissance partagée du passé. C’est aussi pour ça que certains passages de la messe étaient en allemand. » 

Quand les jeunes hommes sont contraints de partir en Allemagne en 1943, les scouts sont en effet appelés à partir en «missionnaire» : « Vous n’ignorez pas que le Christ a beaucoup d’adversaires en Allemagne. On ne veut pas accepter sa doctrine de pitié, de charité, de miséricorde, écrivait l’archevêque de Toulouse, Monseigneur Saliège, dans une lettre adressée aux routiers (l’équivalent des compagnons, NDLR) et aux chefs concernés par le départ en Allemagne.« Vous serez chrétiens face au nazisme ».

Un appel à l’action aujourd’hui

Malgré le quotidien des camps de travail et la surveillance de l’administration nazie, les scouts parviennent à monter des groupes et à organiser des activités : colis partagés, visites auprès des malades, messes, temps de prières, réunions…  Ils réussissent même à organiser quelques grands jeux en forêt ! Le mouvement s’épanouit malgré le contexte désespérant : ainsi de nombreux jeunes prononcent leur promesse en camp. C’est le cas de sept scouts qui ont été béatifiés.

«Leur martyre ne vient pas seulement du fait qu’ils aient versé leur sang, mais surtout du fait qu’ils ont agi en chrétiens, en prouvant par leurs actes leur fidélité à Dieu, à leur prochain, à leur promesse aussi ! C’est ça qui était insupportable pour les nazis », explique Romain.

Un témoignage qui l’interpelle en tant que citoyen, en tant qu’éducateur, mais aussi en tant que croyant : «Être chrétien, c’est agir et continuer à montrer de l’amour, même là où c’est le plus difficile. C’est ça, la réalité de leur martyre, et c’est un véritable appel à l’action aujourd’hui ». Une volonté d’agir partagée par Manon, cheftaine pionnier-caravelle (14-17 ans) pour qui voir les scouts, il y a 80 ans, « n’ont pas mis leur engagement entre parenthèses malgré la violence du contexte, me donne envie de continuer à être une cheftaine qui aide les jeunes à devenir des citoyens et citoyennes artisans de paix. »

« Jouer pour comprendre, rencontrer pour agir » : un défi « Clameurs ! » sur le parcours migratoire

« Jouer pour comprendre, rencontrer pour agir » : un défi « Clameurs ! » sur le parcours migratoire

Il y a quelques mois, à La Chapelle-sur-Erdre (44), 25 compagnons (17–21 ans) et trois pionniers-caravelles (14–17 ans) ont vécu une expérience marquante : participer au jeu « Parcours de migrant·e·s », créé par la Cimade. Un après-midi pour découvrir, à travers le jeu, la réalité souvent méconnue des personnes exilées et pour poursuivre concrètement la démarche « Clameurs ! ».

3 Pionniers-caravelles de 3e année et 25 compagnons ont vécu le parcours migratoire sous forme de serious game pour comprendre et débattre.

Après avoir déjà vécu de beaux moments ensemble, les territoires (antennes régionales SGDF) Loire Estuaire, Loire Vallée de l’Erdre et Atlantique-Vendée souhaitaient proposer aux jeunes une action simple et forte en lien avec la dynamique « Clameurs ! ». Le parcours migratoire, sujet sensible et d’actualité, s’est rapidement imposé. Les territoires se sont alors tournés vers la Cimade, association engagée auprès des personnes migrantes, réfugiées et déplacées, qui est un des partenaires des Scouts et Guides de France. « Nous sommes allés rencontrer la Cimade dans leurs locaux nantais avec l’objectif d’en apprendre plus et de découvrir le jeu. Nos échanges ont confirmé notre envie de le proposer aux jeunes de nos territoires », confie Benjamin, équipier territorial de Loire Estuaire. S’en est suivi l’organisation de l’évènement, avec notamment la préparation de l’animation et la fabrication des boîtes de jeu, bien entendue durables et réutilisables.  

Jouer, débattre, rencontrer

Le Jour-J, une trentaine de personnes étaient présentent pour vivre cet après-midi « Parcours de migrant·e·s » : pionniers et caravelles de 3e année (16-17 ans), compagnons et adultes accompagnateurs. En petits groupes, chaque binôme incarnait une personne migrante et avançait au fil d’événements : démarches administratives, décisions imprévisibles, lenteurs, obstacles… Des « grands témoins » – migrants, familles d’accueil, bénévoles de l’association CCFD- Terre Solidaire ou de JRS Welcome – circulaient entre les tables, apportant leur regard. 

Noémie, 18 ans, compagnon, témoigne : « Le jeu est très bien fait. Nous étions accompagnés par une personne accueillie et une personne accueillante de JRS Welcome, ce qui nous permettait de poser des questions et d’avoir différents points de vue. On prend conscience de ce que vivent les migrants face à une administration extrêmement longue, décourageante, parfois violente. J’ai réalisé que certains migrants ont plus de “facilités” parce qu’ils parviennent à prouver qu’ils fuient leur pays… mais aucun ne part par plaisir. C’était bouleversant. » 

L’objectif du jeu n’était pas de « finir » ou de « gagner », mais de créer du débat. Et il a eu lieu : riche, dense, humain.

En savoir plus sur La Cimade

Fondée en 1939, La Cimade s’engage pour solidarité active avec les personnes migrantes et réfugiées. Association militante, elle est présente en métropole et en outre-mer grâce à un réseau de bénévoles et des équipes salariées.

En savoir plus sur JRS – Welcome

Fondée en 1980, Jesuit Refugee Service (JRS) agit aux côtés des personnes déplacées de force  de leur pays d’origine. fidèle à sa mission : accompagner, servir et défendre les droits des personnes en demande d’asile et réfugiées.

En savoir plus sur CCFD-Terre Solidaire

Le CCFD-Terre Solidaire agit aux côtés des populations les plus vulnérables contre toutes les formes d’injustices, et en premier lieu, celle de souffrir de la faim

Vivre la rencontre avec les jeunes du Colibri 

Vivre la rencontre avec les jeunes du Colibri 

En décembre dernier, les pionniers-caravelles (14-17 ans) du groupe Saint-Louis de Saint-Dizier (52) se sont récemment mobilisés avec énergie, motivation et sens du service pour aider à l’installation de la Maison Colibri d’Ancerville (55), qui accueille des jeunes confiés à l’Aide sociale à l’enfance.  

Un partenariat qui s’inscrit dans la durée 

En juin dernier, les pionniers-caravelles (14-17 ans) avaient eu l’occasion de vivre un mini-camp de quatre jours avec les jeunes de l’association du Colibri en Haute-Marne. Un moment fort de partage qui a permis aux pionniers-caravelles de tisser des liens avec les enfants de l’association.
Maïra, caravelle de l’unité du groupe Saint-Louis se souvient : « On a fait la rencontre de deux jeunes du Colibri qui nous ont raconté leurs histoires. On s’est tout de suite bien entendu avec eux. Ils étaient très avenants et ont tout de suite voulu jouer avec nous. »
« À la fin du camp, on s’est rendu compte que le mélange entre les jeunes a bien matché. Des relations se sont nouées même en quatre petits jours. Quelques mois plus tard, cela nous a semblé naturel de leur rendre service », constate Matéo, le responsable de l’unité.

Une action concrète au service des autres 

En décembre dernier, le temps d’un week-end, les jeunes ont participé à l’aménagement des espaces de vie : montage de meubles, rangement des ustensiles de cuisine, organisation des lieux et même tonte de la pelouse. L’unité a pu créer un cadre accueillant, digne et chaleureux pour les jeunes de la maison. « C’était important pour nous d’aller aider la Maison Colibri afin d’aider ces jeunes qui vivent une situation difficile », témoigne Laya, caravelle (14-17 ans).
Cette action, pensée comme un véritable engagement solidaire, a permis aux pionniers-caravelles de mesurer concrètement l’impact qu’un groupe scout peut avoir auprès d’une initiative locale et des gens qui les entourent. « Notre mission c’est que les jeunes du Colibri arrivent dans une maison, s’y sentent bien accueillis », relate Matéo.

Apprendre à se connaitre 

Entre travail d’équipe, entraide et convivialité, cette journée a également été un temps fort de cohésion pour l’unité. « C’était un bon moyen de rencontrer d’autres jeunes de l’unité, car je ne connaissais pas tout le monde », confie un pionnier (14-17 ans). Un ressenti partagé par d’autres jeunes : « on a fait une bonne action et, en même temps, on a appris à se connaître. On a pu travailler en collectif et aider des personnes dans le besoin ». Au-delà de l’aspect technique, les jeunes ont vécu un moment porteur de sens, centré sur l’humain et la solidarité. « Notre but était vraiment d’aider et de rendre service à des gens », explique Maïra.

Une initiative réussie qui vise à inspirer d’autres unités  

À la suite de cette rénovation, les pionniers-caravelles se félicitent du succès de l’action : « on a eu la chance d’avoir eu un retour de l’équipe éducative du Colibri et leur constat est sans appel. Les jeunes se sont sentis très bien accueillis et n’avaient plus qu’à poser leur décoration pour vivre dans leur nouvelle maison. » 

Fiers de leur engagement, les pionniers-caravelles ressortent grandis et motivés pour poursuivre d’autres actions solidaires au cours de l’année. Cette expérience illustre combien les valeurs du scoutisme prennent tout leur sens lorsqu’elles s’incarnent au service d’un projet local. 

« Nous espérons que cette initiative pourra inspirer d’autres unités à s’engager à leur tour auprès de l’association Colibri ou d’autres structures locales. Chaque geste compte, et cette action montre combien la présence des scouts peut être utile, positive et profondément humaine pour un territoire » conclut Émilien, le responsable du groupe Saint-Louis !

En savoir plus sur l’association du Colibri

L’association du Colibri offre à des enfants et adolescents placés par l’Aide Sociale à l’Enfance, un cadre sécurisant et un accompagnement individualisé durable dans des maisons chaleureuses de type familial. Avec l’aide de la méthode scoute, les jeunes peuvent, au sein du Lieu de vie, trouver et construire un projet de vie, accompagnés par une équipe éducative pluridisciplinaire.

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Partager la lumière pour répondre aux clameurs

Partager la lumière pour répondre aux clameurs

Chaque année, les Scouts et Guides de France participent au partage de lumière de la Paix de Bethléem. Cette année, « Clameurs ! », la dynamique éducative des Scouts et Guides de France qui appelle à répondre aux clameurs de la Terre et des Pauvres, apporte une nouvelle perspective à ce rendez-vous annuel. Elle invite les groupes à tisser des liens avec des associations engagées au service de la planète et des personnes, et à faire de ces échanges des signes visibles de partage, d’attention et d’espérance.

Alors que, traditionnellement, le groupe Scouts et Guides de France de Calais transmet la lumière de la Paix de Bethléem à nos amis anglais, il est apparu tout naturel à un de leur voisin, le groupe SGDF marin de la Baie Saint-Jean de Wimereux-Wimille, de la partager avec l’association L’Arche. Les Scouts et Guides de France de cette station de bord de mer ont ainsi choisi de vivre cette démarche auprès de la communauté de L’Arche des Trois Fontaines à Ambleteuse, qui accompagne des personnes en situation de handicap intellectuel. 

La transmission de la lumière a pris la forme d’un relais inter-branches vécu entre les enfants des différentes tranches d’âge, tout au long de l’immense plage, avec en toile de fond le cap Blanc-Nez et le fort d’Ambleteuse. Il s’est conclu par un temps de partage sur la plage avec quelques résidents de l’Arche. Un temps simple et profondément humain, marqué par la rencontre, l’écoute et la joie d’être ensemble. Plus qu’un symbole, ce moment a permis de créer un lien vivant, où chacun a pu recevoir autant qu’il a donné. 

Une transmission source de joie et de sens

Théa, moussaillon (faisant partie de la branche Louveteaux-Jeannettes, 8-10 ans) témoigne : « J’adore transmettre la lumière de la paix, c’est un moment joyeux et un moment d’amitié. » Jules, mousse (faisant partie de la branche Scouts-Guides, 11-14 ans) ajoute :

« J’aime bien allumer les bougies des autres, on transmet de la lumière. » Du côté de L’Arche, ce geste a été accueilli comme un véritable temps de fraternité partagée. Cédric, résident, explique : « Le tour de bougie, c’est la chaîne de prière. On partage aussi la messe. On prépare la fête de Noël. » Bernadette, résidente, résume simplement : « On célèbre les moments de la vie. »

Nicolas Nys, responsable de la communauté, souligne la profondeur de ce moment : « Un moment tout simple où on se rassemble. Une bougie passe de main en main et on partage un moment de vie. On crée du lien, on est en vraie écoute avec la personne, on est ensemble… C’est comme un cadeau que l’on nous fait. »

Cette initiative vécue à Wimereux s’inscrit dans une dynamique plus large. D’autres groupes vivent, ou vivront encore y compris au-delà des fêtes de fin d’année, des démarches similaires avec des associations qui leur sont proches. Autant de clameurs qui, ensemble, font résonner une même invitation : prendre soin de la Terre, prendre soin des plus fragiles, et faire circuler la lumière là où elle est attendue.

*L’Arche en France est un mouvement associatif qui rassemble des communautés où des personnes avec et sans handicap intellectuel partagent leur vie au quotidien. Le mouvement international fondé par Jean Vanier regroupe plus de 150 communautés dans une trentaine de pays. Aujourd’hui, L’Arche en France compte 40 communautés, accompagne environ 1 900 personnes en situation de handicap, s’appuie sur 1 400 salariés et 900 bénévoles, et accueille chaque année près de 300 volontaires en service civique.

« Clameurs ! » : une deuxième année pour s’engager 

« Clameurs ! » : une deuxième année pour s’engager 

Lancée en septembre 2024, la dynamique éducative « Clameurs ! » a connu une première année remplie de succès. Plus de 1 000 défis ont ainsi été relevés à travers toute l’association, et l’été 2025 a permis à plus de 20 000 jeunes (de 14 à 21 ans) et bénévoles de se réunir pour vivre un rassemblement sous le signe de « Clameurs ! ». Après cette première année remplie d’actions et de défis, découvrez ce qui est prévu pour la suite de la dynamique éducative. 

L’année 2025-2026 de « Clameurs ! » a débuté par un premier temps fort : les Olympiades de Ma Petite Planète. Du 11 octobre au 1er novembre, 4 957 jeunes Scouts et Guides de France ont réalisé un total de 18 923 défis à visée écologique, avec leur groupe scout ou même leur famille, en s’appuyant sur l’application mobile Ma Petite Planète scolaire. Une belle manière de vivre concrètement la conversion écologique à l’échelle locale.  

Si vous souhaitez retrouver des témoignages de cette belle action collective, ça se passe ici !

Prise de conscience social et environnementale

Pendant cette deuxième année, tous les jeunes de l’association, de 6 à 21 ans, sont par ailleurs amenés à vivre une activité de prise de conscience des enjeux environnementaux et sociaux. Comment ? Avec un jeu ou un ciné-débat afin de les aider à prendre du recul sur les questions qui occupent le présent et l’avenir de notre société. C’est aussi un moyen de les inviter à réfléchir à des solutions afin d’agir pour s’engager vers un monde plus fraternel et respectueux de la planète.  

Action collective en partenariat

Les jeunes sont également invités à vivre en groupe des actions sociales et/ou de protection de la nature en partenariat avec d’autres associations. Pour monter cette action collective, chaque groupe scout pourra s’appuyer sur l’expertise de la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels (FCEN) ou de l’association Entourage, qui sont les deux partenaires principaux des Scouts et Guides de France dans le cadre de la dynamique « Clameurs ! ». 

Vivre des sorties nature pour découvrir la biodiversité dans un conservatoire d’espaces naturels, participer à des chantiers nature, ou se lancer dans un parcours d’engagement pour lutter contre l’exclusion… Les actions collectives à imaginer avec ces deux partenaires, ou avec d’autres structures, sont aussi variées qu’enrichissantes pour les jeunes et les bénévoles de l’association.

Parole des jeunes 

En clôture de « Clameurs ! », au printemps 2026, les jeunes seront invités à écrire et porter une parole d’engagement auprès de leurs représentants et élus locaux. Ils pourront ainsi relire ce qu’ils et elles ont vécus et appris durant les deux années de cette dynamique éducative, tournée vers les clameurs des Pauvres et de la Terre.