Paroles de jeunes après « Clameurs ! » : « La joie, c’est ce que je ressens au fond de moi »

Paroles de jeunes après « Clameurs ! » : « La joie, c’est ce que je ressens au fond de moi »

Du 24 au 28 juillet 2025, 20 000 Scouts et Guides de France – dont 17 000 jeunes de 14 à 21 ans – se sont réunis à Jambville (78) pour « Clameurs ! ». Ce rassemblement a marqué un temps fort de la démarche éducative du même nom, dont le but depuis 2025 est de répondre à l’urgence climatique et aux détresses des plus fragiles. Retour sur cet évènement, vu par les jeunes.

« Je savais qu’on était 20 000, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi impressionnant », confie Arthur, pionnier1 à Lambersart.
Sur la plaine immense du parc de Jambville, tout prend une autre dimension : la foule, les couleurs, les cris de joie, les rires, les moments partagés. Pour beaucoup, ce rassemblement est une révélation. Une expérience à taille humaine… mais d’une ampleur inédite.

« À Cannes, on ne croise pas souvent d’autres scouts et guides en dehors de notre groupe… Alors arriver ici et voir qu’on est 20 000, c’est impressionnant. On réalise qu’on fait partie d’un immense mouvement » raconte Julie, caravelle2 à Cannes.

Cinq jours de joie, d’engagement et de partage 

Ces cinq jours ont été l’occasion pour les jeunes de participer à trois journées d’activités.

La journée « La Ruche » visait à explorer de nouvelles formes d’engagements. Elle a permis aux participants et participantes de dialoguer avec de grands témoins, comme le photographe et président de la fondation GoodPlanet Yann Arthus Bertrand, ou Marie Derain, ancienne Défenseure des enfants, actuelle secrétaire générale du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE) et présidente de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr).

La journée « Boussole  » s’articulait elle autour des thématiques suivantes : être au service et apprendre à agir à son rythme. Les jeunes y étaient notamment invités à rendre service, à participer à des ateliers pour prendre soin d’eux ou des autres et à développer leurs connaissances de la nature grâce à des activités manuelles. « Je me suis vraiment investi : atelier sur l’histoire du scoutisme, échanges d’écussons, lettre à moi-même… J’ai aussi découvert les projets de certaines équipes de compagnons3. Ça donne vraiment envie de continuer le scoutisme. », témoigne Ambroise, pionnier à Senlis.

Enfin, les jeunes ont mené l’enquête pour mieux connaître et protéger la nature lors de la journée « L’expédition ». Les participants et participantes y ont pris part à des activités de découverte ludiques dans espaces naturels du Parc Naturel du Vexin. « On est partis en rando, il y avait plein d’activités, j’ai adoré ! », se réjouit Élisabeth, du groupe de Montargis.

Des veillées XXL 

Parmi les moments les plus marquants : les veillées à 20 000. « C’était dingue de commencer par un moment aussi fort, je ne m’attendais pas à une telle ambiance », s’émerveille Suzanne, caravelle de Lambersart, en se remémorant la veillée d’accueil. Processions de villages, chants à tue-tête, cris de ralliement, tous convergeant vers la grande scène… Des moments de liesse collective que n’oubliera pas Élisabeth. Tout comme les 94 jeunes qui ont reçu le sacrement de confirmation pendant le rassemblement, au cours d’une émouvante veillée de célébration.

Une expérience humaine 

« La joie, c’est ce que je ressens au fond de moi », explique Clément, compagnon à La Brède. « Tout le monde rigole, même le soir, allongés sous la tente. J’entends des gens rire et ça me rend heureux. Voir les gens chanter, danser, vivre. »

Au-delà des mots, ce sont les images qui resteront : la scène illuminée, les milliers de tentes, les rencontres, le décor du grand radeau au milieu de la plaine… et surtout, cette multitude de voix qui s’unissent pour ne faire qu’une. « Clameurs ! », c’était une invitation à vivre intensément, à s’ouvrir, à vibrer ensemble, pour répondre aux clameurs de la terre et des pauvres. Et pour les jeunes comme les bénévoles, une expérience humaine et joyeuse qui laisse une trace durable, bien au-delà des jours passés ensemble.

  1. Garçon de 14 à 17 ans chez les Scouts et Guides de France. ↩
  2. Fille de 14 à 17 ans chez les Scouts et Guides de France. ↩
  3. Jeunes de 14 à 21 ans chez les Scouts et Guides de France. ↩
Immersion dans… l’accueil auprès des exilés

Immersion dans… l’accueil auprès des exilés

Cinq compagnons (17-21 ans) du groupe Scouts et Guides de France de Béthune ont choisi de vivre la phase décentralisée du rassemblement Clameurs ! à Calais. En lien avec le Secours Catholique, Nina, Julien, Charlotte, Clémence et Vadim sont allés à la rencontre d’exilés. Un engagement concret et profondément humain, vécu avant de rejoindre la suite du rassemblement à Jambville, où quatre d’entre eux recevront le sacrement de confirmation. 

Depuis plus de dix ans, la paroisse Saint-François-d’Assise de Calais et le groupe local SGDF accueillent des équipes compagnons venues de toute la France. En cette mi-juillet, ces cinq amis d’enfance ont partagé le quotidien des bénévoles du Secours Catholique. Au programme : maraude dans les campements le matin, pour distribuer du thé, du café, recharger les téléphones, créer du lien. Accueil de jour l’après-midi, pour aider à la lessive, aux douches, à la vaisselle, ou simplement jouer avec les enfants. « Des gestes simples, mais essentiels », résume Clémence, « car ils rendent un peu de dignité à des gens qu’on ne regarde souvent qu’à travers le petit écran. » 

Une semaine au service pour accueillir dignement

Le rythme est soutenu, mais la mission a du sens. À travers les jeux, les sourires, les temps d’échange, une relation se tisse peu à peu, malgré la barrière de la langue ou des cultures. Le groupe côtoie également d’autres associations présentes sur place, chacune avec une mission précise : médecins, juristes, animation, soutien logistique… « C’est une vraie communauté d’entraide, où tout le monde fait sa part », observe Vadim. 

Quand les cœurs s’ouvrent, les regards changent 

Julien se souvient d’un moment fort : « Je ne parlais pas sa langue, lui pas la mienne. Mais quand j’ai mimé un moonwalk façon Michael Jackson, en le taquinant sur son gilet, il a éclaté de rire. Dès le lendemain, il revenait chaque jour au campement. On avait brisé la glace. » D’autres souvenirs restent en mémoire : une jeune migrante enceinte dormant dehors après une tentative de traversée, un Érythréen demandant une croix pour se sentir protégé, un garçon qui voulait juste jouer au foot comme les autres. « L’exil ne les a pas rendus amers. Au contraire, ils ont gardé une incroyable joie de vivre. » 

Ce camp a changé leur regard sur l’actualité, mais aussi sur leur propre vie. « Je me plains moins depuis, confie Nina. Et je vais récupérer tous les vieux duvets et tentes autour de moi. Maintenant, je sais où les amener. Et je sais que ça sert. » Ce temps fort, vécu en cohérence avec le message du pape, nourrit aussi leur foi. La démarche spirituelle de quatre d’entre eux, qui recevront leur confirmation à Jambville, s’enracine désormais dans une expérience concrète de fraternité. 

Une clameur à faire entendre 

À quelques jours du grand rassemblement, les cinq compagnons portent une clameur qu’ils souhaitent transmettre aux autres équipes : celle d’oser l’inconfort, la rencontre, l’action. « Et toi, compagnon ? Ose aller vers, contacte une association. Tu recevras autant que tu donneras. Un sourire, un moment de jeu, une oreille attentive… ces gestes comptent autant qu’un repas ou un vêtement. » 

Changement de la présidence des Scouts et Guides de France

Changement de la présidence des Scouts et Guides de France

En raison d’un changement de contexte politique imprévu et à la suite à d’attaques violentes, Marine Rosset a choisi de se mettre en retrait de la présidence de notre mouvement. Le conseil d’administration a pris acte de cette décision, effective depuis le 1er août 2025, et a élu une gouvernance collégiale.

Présidente des Scouts et Guides de France depuis juin 2025, Marine Rosset a été confrontée dès le mois suivant à une situation politique inattendue : l’annonce d’une élection législative partielle dans la 2ᵉ circonscription de Paris, à laquelle elle est liée en tant qu’élue locale et ancienne candidate.

Par ailleurs, l’annonce de l’élection de Marine Rosset a provoqué une vague d’attaques personnelles, dont certaines à caractère homophobe. Ces actes sont inacceptables et en totale contradiction avec l’éthique éducative et les valeurs associatives des Scouts et Guides de France (SGdF). Le mouvement apporte son soutien à la plainte que Marine Rosset a déposé à la suite de menaces en ligne, et se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires à ses côtés. Il réaffirme son engagement contre la haine, et son ouverture à toutes et tous.

Ces pressions ont un impact sur la capacité de Marine Rosset à avoir une voix citoyenne propre, sans que celle-ci ne soit instrumentalisée contre notre association – a fortiori alors que la 2e circonscription de Paris s’annonce très disputée.

Dans ce contexte, Marine Rosset a souhaité démissionner de la présidence des Scouts et Guides de France, afin de permettre à l’association de poursuivre son action auprès des jeunes dans un climat apaisé. Le conseil d’administration a pris acte de cette décision.

“Il était vraiment important pour moi que le mouvement ne soit pas réduit à ma seule personne : il est plus grand que moi. Je ne souhaitais surtout pas l’abîmer.”

Une gouvernance collégiale, dans la continuité

Pour accompagner cette période, une gouvernance collégiale a été élue par notre conseil d’administration. Elle est composée de Pierre Monéger, président, et de Julie Lefort et Charles Le Gac de Lansalut, vice-présidents. Cette organisation s’inscrit dans la continuité et l’esprit collectif qui animent le scoutisme. Marine Rosset reste membre du bureau associatif aux côtés de la nouvelle présidence. Ensemble, ils continueront de mettre leur énergie au service des plus de 900 groupes Scouts et Guides de France.

Les Scouts et Guides de France tiennent à remercier Marine Rosset pour sa disponibilité, son courage et sa volonté de servir le mouvement dans un moment délicat, avec loyauté et esprit de dialogue.

Cet été encore, les Scouts et Guides de France continuent de rassembler largement, avec plusieurs milliers de camps organisés et portés par des équipes bénévoles engagées. Fin juillet, 20 000 Scouts et Guides se sont réunis à Jambville (78) lors du rassemblement « Clameurs ! ». Fort de ses plus de 100 000 adhérents, le mouvement poursuit son action éducative, fidèle à ses valeurs de respect, de paix, de liberté de conscience et de fraternité.

Les Pionniers – Caravelles (14-17ans) à la découverte du Parlement Européen

Les Pionniers – Caravelles (14-17ans) à la découverte du Parlement Européen

Lundi 21 juillet, quatre unités de Pionniers – Caravelles ont eu l’occasion d’aller visiter le Parlement européen à Strasbourg dans le cadre de leur projet – aussi appelé Point Rouge – « Demain commence aujourd’hui », axé sur les enjeux de démocratie et de citoyenneté. 

Des nuages gris flottent au-dessus du quartier européen de Strasbourg. Le cliquetis des drapeaux attachés à leurs mâts se fait plus fort à mesure que le vent se lève, et les quelques employés encore au travail en ce mois de juillet filent vers leurs bureaux. Cette grise routine est rompue par l’arrivée des chemises rouges des caravanes de la XIIe Metz, de Cronenbourg, de Wintzenheim et du Nonnenbruch, venues visiter le Parlement européen. 

Pendant leur Point Rouge sur la base du Heisenstein, dans le Bas-Rhin, ils ont pu expérimenter la façon dont les résolutions sont votées à l’ONU et réfléchir, en groupes inter-caravanes, à des sujets comme la liberté de la presse ou la démocratie à travers le monde. Cette visite constitue le point d’orgue de ce Point Rouge.

Une Europe encore en construction 

Après un passage obligé par le check-point de sécurité, la centaine de pionniers-caravelles et leurs animateurs pénètrent dans l’imposant bâtiment de verre où les attend leur guide pour la visite. 

Pendant un peu plus d’une heure, les jeunes découvrent le rôle du Parlement, où sont votées les lois pour 430 millions de citoyens européens, pourquoi il est situé à Strasbourg, ou encore pourquoi son architecture est si particulière : une immense sphère de bois posée au milieu d’un bâtiment de verre et d’acier, avec à l’entrée une tour dont la façade semble inachevée. 

« On a l’impression que le bâtiment est encore en construction », décrit Marie. « C’est pour symboliser que l’Union européenne est toujours en construction », poursuit la caravelle de la XIIe Metz. 

En construction, l’hémicycle l’est également. De grandes bâches blanches recouvrent les sièges, mais cela n’empêche pas d’impressionner les jeunes lorsqu’ils entrent dans l’immense pièce. Là, la guide leur explique le placement de chaque député – qui ne relève en rien du hasard – ainsi que le fonctionnement des votes, avec les différentes sessions et lectures. 

« Les lois, ça doit prendre tellement de temps à voter ! », racontera un peu plus tard Romane, de la caravane de Wintzenheim. « Il y a beaucoup de groupes et beaucoup d’avis différents, ça doit être compliqué de se mettre d’accord. C’était plus simple dans nos petits ateliers pendant le camp. » 

Mais alors que les chemises rouges quittent le Parlement, des clameurs résonnent déjà lorsqu’on évoque les milliers de jeunes qui vont défiler à Jambville. 

« C’est super, parce qu’on va pouvoir évoquer tous les sujets dont on a parlé [au point rouge] avec plein d’autres gens », dit Romane, enjouée. « Des sujets dont on ne parle pas trop dans les familles, et où les jeunes sont souvent mis de côté… alors que c’est nous qui allons forger demain ! » 

94 confirmands réunis à la Pentecôte pour préparer Clameurs !

94 confirmands réunis à la Pentecôte pour préparer Clameurs !

Ce week-end, au rassemblement Clameurs ! , 94 pionniers, caravelles et compagnons feront leur confirmation devant 20 000 personnes, au cours de la veillée de célébration. À la Pentecôte, un week-end de retraite était organisé à Boran-sur-Oise, en vue de cette étape importante de leur parcours de foi.  

« Faire sa confirmation, à Clameurs !, c’est une forme d’accomplissement, comme le début d’une vie encore plus liée aux scouts. » Théo, pionnier (14-17 ans), vient de Valenciennes. Il se prépare depuis plus d’un an avec son groupe scout à vivre ce sacrement fin juillet, avec plus de 90 autres jeunes.  

Ce week-end de retraite à Boran-sur-Oise, aux portes de l’Île-de-France, vise à offrir à toutes celles et ceux qui ont fait le même choix que Théo un espace de rencontre, de réflexion et de prière. Marthe, membre de la « commission Célébration », chargée d’organiser la messe de Clameurs !, prépare ce moment depuis 6 mois. L’équipe, qui s’attendait au départ à accueillir une douzaine de confirmands, s’est vite rendu compte qu’il allait falloir revoir les chiffres à la hausse : « En octobre-novembre 2025, on a reçu une avalanche de demandes : des territoires entiers nous indiquaient que leurs jeunes voulaient être confirmés à Clameurs ! » 

« Le scoutisme m’a aidé à me développer dans ma foi »

De fait, scoutisme et foi trouvent, auprès de nombreux jeunes, un écho particulier. Mélanie, en première année caravelle et scoute « depuis toujours » à Gap, témoigne : « Je retrouve plus ma foi dans le scoutisme qu’au collège. Je ne sais pas vraiment pourquoi… Peut-être les gens, ou la nature… ». Romain, compagnon de première année, renchérit : « C’est grâce aux scouts que je suis allé à Taizé, en pèlerinage… Le scoutisme m’a aidé à me développer dans ma foi. » 

Beaucoup témoignent également des avantages qu’ils trouvent à préparer leur confirmation au sein des Scouts et Guides de France : « Alors que d’autres la préparent avec des cours de catéchisme, nous on fait la même chose en jouant », explique Lou, caravelle (14-17 ans). Clémence, compagnon (17-21 ans), abonde : « Les accompagnants s’adaptent vraiment à chacun : c’est plus souple. »  

De la souplesse sans perdre le sens : c’est peut-être ce que peut offrir le scoutisme dans ce genre de situation. La célébration, par exemple, aura pour particularité d’être divisée en deux temps. La première partie sera vécue le soir ; le lendemain, les jeunes se lèveront à l’aube pour contempler le lever de soleil et recevoir l’eucharistie. Marthe s’en réjouit : « Je suis très heureuse que les Scouts et Guides de France puissent être novateurs dans ce genre de cadre. On propose aussi que l’homélie soit dialoguée entre les jeunes et l’évêque. » Claire, membre de la même commission, renchérit : « Si le scoutisme ne peut pas permettre ce genre d’expérience, qui le peut ? » 

Les 94 jeunes se réjouissent de vivre à Clameurs ! cette « entrée dans le monde des grands », comme l’appelle Théo, . « La confirmation, ajoute Lou, c’est un moment où on nous fait confiance, où on nous propose de poser un vrai choix. C’est comme une promesse. » Et devant 20 000 personnes, ça a du poids.  

Notre-Dame de Bétharram : les Scouts et Guides de France appuient l’appel à témoignages de la commission d’enquête indépendante

Notre-Dame de Bétharram : les Scouts et Guides de France appuient l’appel à témoignages de la commission d’enquête indépendante

Pour faire avancer la vérité autour de l’affaire Bétharram, les Scouts et Guides de France relaient l’appel à témoignages de la Commission d’Enquête Indépendante (CEI) sur les violences liées à Notre-Dame de Bétharram. 

Ce lundi 23 juin, la CEI appelle les personnes victimes de violences commises en lien avec Notre-Dame de Bétharram, ainsi que toutes les personnes disposant d’informations, à remplir un formulaire de témoignages en ligne. 

En tant que mouvement de jeunesse catholique, les Scouts et Guides de France (SGdF) sont bouleversés par l’ampleur de l’affaire Notre-Dame de Bétharram. 

Dès juin 2024, conscients que les groupes scouts et les écoles catholiques peuvent être perméables, nous avons invité toute personne ayant subi des violences d’un encadrant de Notre-Dame de Bétharram dans un contexte Scouts de France à nous contacter. Nous n’avons à ce jour reçu aucun témoignage en ce sens.

Un groupe Scouts de France actif à Bétharram dans les années 1980

Depuis, des recherches approfondies dans nos archives attestent de l’existence d’un groupe local fondé par des membres de la congrégation et rattaché aux Scouts de France1. Ce groupe est actif à partir de 1980 et au moins jusqu’en 1987 ; il est aujourd’hui dissous. 

D’après les informations à notre disposition, ce groupe est sous la responsabilité du père Beñat Ségur au moins entre 1981 et 1985. Ancien directeur du collège Notre-Dame de Bétharram, Beñat Ségur est décédé en 2010. Depuis, ce dernier est mis en cause par 13 plaintes d’anciens élèves et, par voie de presse, accusé de viols et d’agressions sur des jeunes en Côte d’Ivoire. 

Des violences « en camp scout »

Des violences « en camp scout » ont plusieurs fois été évoquées par des victimes de Bétharram, notamment dans la presse, sans que l’on sache si cela impliquait précisément notre mouvement. Le nom de Patrick Martin a été associé au terme « chef scout ». Nous avons trace d’un courrier le mentionnant comme « animateur » d’une « équipe » non-identifiée de 8 jeunes au cours de l’année 1982-1983, en lien avec le groupe Scouts de France de Tarbes.  

Ancien surveillant de Notre-Dame de Bétharram, Patrick Martin est mis en examen et placé en détention provisoire depuis février 2025, pour des faits de « viol par personne ayant autorité » et « agression sexuelle sur mineur de 15 ans » ; l’enquête est en cours le concernant, avec la pleine collaboration des SGdF. 

Au vu de l’ensemble de ces informations, le Conseil d’Administration des SGdF a validé le samedi 14 juin la création d’un nouveau dispositif de témoignages anonyme et indépendant. 

L’intérêt des victimes comme priorité

Le lundi 17 juin, la CEI a pris contact avec les SGdF pour les informer du lancement imminent de leur propre appel à témoignages. Après mûre réflexion, notre mouvement a choisi d’annuler le lancement de son dispositif de témoignages pour relayer celui de la CEI. 

Si vous avez été témoin ou victime de violences physiques et/ou sexuelles dans le cadre d’activités Scouts de France à Bétharram, cet espace est aussi pour vous.

Les SGdF sont rassurés par l’indépendance et le sérieux de la Commission d’enquête, dont le personnel et les membres sont éminemment qualifiés pour la tâche qui leur est confiée. Nous sommes persuadés qu’il est dans l’intérêt des victimes de ne pas multiplier les canaux de témoignages, notamment pour leur éviter une répétition forcément douloureuse de leur récit. Enfin, cela permet de concentrer les éventuels dispositifs de réparation et de favoriser un traitement égalitaire des différentes victimes. 

La CEI a modifié son formulaire de témoignages en ligne afin de permettre d’identifier clairement les violences liées à Notre-Dame de Bétharram dans un cadre Scouts de France. Sauf demande contraire des victimes, ces informations seront anonymisées avant transmission aux SGdF. Pour l’ensemble des témoignages reçus, la CEI respectera scrupuleusement la confidentialité et sa Charte éthique.  

Les SGdF s’engagent à répondre aux éventuelles demandes de la CEI (archives, auditions, etc.).

Nous espérons que ce dispositif peut aider d’éventuelles victimes. Nous souhaitons aussi qu’il permette aux Scouts et Guides de France de contribuer à faire émerger la vérité sur l’ampleur de l’affaire Bétharram.

Un mouvement engagé dans la prévention et la reconnaissance

Notre démarche s’inscrit dans une volonté forte : notre mouvement croit les victimes, agit à leurs côtés et s’engage afin que de telles violences ne se reproduisent pas. Aux Scouts et Guides de France, nous avons à cœur de regarder notre passé en face, d’agir en responsabilité au présent et de protéger notre futur.  

Depuis plusieurs années, les SGdF sont engagés de manière résolue dans la lutte contre toute forme de maltraitance ; garantir un environnement sûr pour les jeunes et les adultes est une priorité quotidienne. Pour en savoir plus sur notre politique de protection de l’enfance, vous pouvez cliquer ici

Marine Rosset, nouvelle présidente des Scouts et Guides de France

Marine Rosset, nouvelle présidente des Scouts et Guides de France

Ce samedi 14 juin, le Conseil d’Administration s’est réuni pour la première fois depuis l’Assemblée Générale 2025. Il a élu la nouvelle présidente du mouvement Scouts et Guides de France. Il s’agit de Marine Rosset.

Marine Rosset a 39 ans et a démarré sa vie professionnelle comme enseignante en Seine Saint-Denis (93). Elle travaille toujours aujourd’hui dans ce département sur des missions jeunesse et patrimoine. Elle est élue locale à Paris. Marine a également un long parcours de guide et de cheftaine dans le mouvement, elle est élue administratrice en 2019 et devient vice-présidente en 2022.

En tant que présidente, Marine Rosset sera guidée dans son nouveau mandat par trois convictions :

“D’abord, la foi.
Le mouvement Scouts et Guides de France, né de l’élan de l’Évangile, demeure un terrain unique pour vivre la spiritualité au quotidien, dans la simplicité d’un camp. Notre tente est large, et à ce titre, notre mouvement est précieux dans l’Église. Mouvement d’éducation, nous sommes à l’écoute de la société et de la jeunesse. L’accueil de toutes et tous est une exigence commune et une joie dans le scoutisme.

Ensuite, l’engagement.
Dans une société fracturée, les Scouts et Guides de France offrent un signe d’unité. C’est cette conviction qui m’a encouragée à m’engager politiquement. Mais notre association ne sera jamais réduite à un seul parti et ces deux engagements sont distincts. Le scoutisme invite à s’engager là où nous vivons, avec d’autres. Nous formons des jeunes pour qu’ils deviennent artisans de paix, citoyens actifs, ouverts à la différence, guidés par la fraternité.

Enfin, oser l’accueil.
Je souhaite que les Scouts et Guides de France renouent pour de longues années avec l’invitation et l’accueil : je crois que nous pouvons aller plus loin pour installer des groupes, que ce soit dans les métropoles, dans les quartiers ou les zones rurales. Je souhaite que nous continuions à rassembler des jeunes qui ne se ressemblent pas pour les faire jouer et grandir ensemble, en pleine forêt, loin de leurs codes et de leurs habitudes.”

Aux côtés de Marine Rosset, le Conseil d’Administration a élu les membres du bureau de l’association : Charles Le Gac, vice-président ; Julie Lefort, vice-présidente ; Pierre Monéger, secrétaire ; Guillaume des Courtis, trésorier.

Julie Lefort, vice-présidente
Charles Le Gac, vice-président
Pierre Monéger, secrétaire
Guillaume des Courtis, trésorier
Mobilisons-nous pour la jeunesse !

Mobilisons-nous pour la jeunesse !

Le 24 mai dernier, une délégation Scoute et Guides de France, s’est donnée rendez-vous place de la République, à Paris, pour participer à la Marche pour l’Enfance et la Jeunesse (MEJ). Antoine, membre du Conseil d’Administration du mouvement, était présent avec Louise, caravelle (14-17 ans) du groupe Oscar Roméro. Ensemble, ils témoignent de cette mobilisation pour faire entendre la voix et les droits des plus jeunes.

Est-ce que tu pourrais nous présenter un peu le principe de la marche qui a eu lieu samedi 24 mai ? Quels ont été les temps forts de l’événement ?

Antoine : La MEJ, c’est une mobilisation citoyenne qui a été portée par le COFRADE, un partenaire majeur de notre mouvement. Lors de cet événement, nous avons eu la chance d’avoir une délégation SGDF d’une bonne trentaine de personnes en chemise-foulard. Cette marche avait pour but de porter une parole en faveur de la protection et de l’amélioration des droits des enfants, en France. Il faut savoir aussi qu’en parallèle de cette marche à Paris, un événement similaire avait lieu en même temps, à Nice et quatre jours plus tard, à Metz.

Louise : Disons que cette mobilisation était centrée sur deux piliers : la protection de l’enfance d’une part, et la prise en considération de la parole des jeunes d’autre part. L’après-midi s’est découpée en deux temps forts : un premier temps, où nous étions présents place de la République avec des stands de plusieurs autres associations, et un second temps où nous avons marché jusqu’à Gare du Nord. C’était la première fois que je faisais une mobilisation citoyenne comme celle-là, et j’ai trouvé ça super qu’on puisse faire passer un message et porter notre voix. Avec Edgar, un pionnier de ma caravane, nous avons même prononcé un discours devant les autres associations présentes !

Pourquoi porter la parole des enfants et des jeunes est un sujet primordial pour nous, Scouts et Guides de France ? 

Antoine : Ces derniers mois notamment, l’actualité est particulièrement dense sur la question des droits de l’enfance, et je pense que c’est difficile pour un mouvement comme celui des SGDF de ne pas se sentir interpellé par ce sujet-là. Même si au sein du mouvement nous pourrions avoir des jeunes qui viennent d’horizons sociaux plus variés, je trouve ça assez cohérent qu’on puisse déjà créer des espaces où les jeunes de notre mouvement peuvent grandir et s’épanouir sereinement. En effet, le processus démocratique de l’association, avec notamment le Conseil National des Jeunes, leur permet de s’exprimer avec assurance au sein comme en dehors de l’association.

Louise : Le temps s’écoule, les générations se suivent. Au bout d’un moment, ce seront nous, les jeunes, qui allons pouvoir prendre des décisions importantes pour la société. Si on prend en compte, dès aujourd’hui, notre parole, nos opinions et nos préoccupations – comme le défi climatique, par exemple – on pourra déjà mettre en place des moyens qui nous permettront d’agir pleinement pour la société d’aujourd’hui et de demain. Aux SGDF, on nous donne beaucoup de place pour nous exprimer. À travers les projets que l’on porte et que l’on choisit durant l’année ou durant les camps, on se sent entendus et compris ! D’une certaine manière, cela nous rend plus responsables. Ce n’est que depuis que je suis dans le mouvement que je réalise à quel point, nous les jeunes, on mérite d’avoir une place, une considération plus importante de nos opinions.

As-tu un mot de la fin ? Un message à faire passer ?

Antoine : Je voudrais juste conclure en disant que c’est vraiment chouette de renvoyer cette image, où les SGDF ne sont pas seulement dans les forêts, en train d’allumer des feux, mais sont aussi présents sur la place publique, engagés dans la société, pour participer à des mobilisations citoyennes. Pour les années d’après, ça donne des idées pour avoir toujours plus de personnes du mouvement présentes à ce genre d’événement citoyen.

Louise : Au sein des unités, il y a toujours des personnes qui prennent plus la parole que d’autres. J’ai envie de dire aux jeunes qui pourraient être un peu timides, allez-y, foncez ! Les SGDF, c’est un des rares espaces où l’on peut prendre autant la parole et s’affirmer.