Le 22 février dernier, une petite foule colorée se retrouve à l’arrêt du tramway sur les hauteurs de Nice. Au programme, une marche, une mémoire, et beaucoup d’émotion ; car, les scouts et guides ont inauguré un lieu de nature désormais dédié à Olave et Robert Baden-Powell, figures emblématiques du scoutisme et du guidisme.
Il est 9 heures, les foulards se reconnaissent avant les visages. On se salue, on ajuste un sac. Ils sont près de 80, venus d’horizons scouts différents, mais déjà réunis par quelque chose d’invisible. La marche commence doucement, puis le sentier s’élève. Les conversations aussi.
Pendant une heure, les groupes se mélangent. « C’est exactement ce qu’on cherche », glisse Philippe Colomb, délégué de la Fédération du Scoutisme Français sur les Alpes Maritimes (06), présent parmi eux. « Que les jeunes se rencontrent, apprennent à se connaître, simplement. »
Un parc naturel, une aire symbolique

Le lieu apparaît. L’Aire Saint-Michel est un espace ouvert, calme, chargé d’histoire. Ici, des scouts marchent depuis presque un siècle ! Et ici, en avril 1934, Robert Baden-Powell lui-même était venu partager un banquet avec des jeunes. « Vous voyez, la date et le lieu n’ont pas été choisis au hasard », rappelle Philippe dans son discours.
La cérémonie est simple, mais solennelle. En présence d’une adjointe au maire de Nice et de Romain Fernandez, Président du Scoutisme Français, une plaque est dévoilée : Olave et Robert Baden-Powell, fondateurs du scoutisme et du guidisme. Parmi l’assistance, il y a comme un fil invisible entre les générations.
Philippe parle d’histoire, de transmission, de Nice « berceau du scoutisme catholique ». Il raconte aussi ce projet relancé en 2023, l’arbre planté avec les jeunes, les années de préparation. On sent dans sa voix quelque chose de personnel, presque intime.
Une rando, un casse-croûte qui rassemblent

Puis vient le moment du repas. Un grand cercle se forme. Les sacs s’ouvrent, les boîtes circulent, les rires reviennent. Chaque groupe partage son rituel : un bénédicité, une prière, quelques mots. Qu’ils ou qu’elles soient éclaireuses de la nature, unionistes, israélites, scouts et guides de Monaco ou d’Arménie, personne ne cherche à convaincre, seulement à expliquer. La différence ne sépare pas, elle relie, elle est richesse. « La méthode scoute forme des citoyens utiles, heureux et artisans de paix », rappelle Philippe.
Avant de repartir, chacun reçoit un badge. Petit objet, grand souvenir. Et Philippe conclut avec les mots de Baden-Powell : « La meilleure manière d’atteindre le bonheur est de le donner aux autres ».
En redescendant vers la ville, les conversations reprennent. Mais quelque chose a changé : une mémoire s’est ravivée, un héritage s’est transmis, presque sans bruit. Et sur les hauteurs de Nice, l’esprit scout continue de marcher.



















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