Premier camp : le laisser partir et le retrouver grandi

Premier camp : le laisser partir et le retrouver grandi

Anicet n’avait encore jamais passé plusieurs nuits loin de ses parents. Alors son premier camp d’une semaine chez les Scouts et Guides de France, forcément, les parents, Chloé et Vincent, l’ont abordé avec quelques appréhensions. Ils ont finalement retrouvé un garçon heureux de son camp, plus assuré et plus ouvert encore aux autres.

Anicet connaissait déjà les Farfadets (6/8 ans). À cet âge-là, pour lui, le scoutisme, c’était surtout des cabanes, du bois, de la ficelle et du temps passé dehors. Mais rejoindre les Louveteaux-Jeannettes, c’était aussi partir camper pour la première fois une semaine entière. Jusqu’ici, même lorsqu’il dormait ailleurs que chez lui, papa et maman occupaient la chambre d’à côté ! 
 
Pour Chloé, il y avait donc forcément une petite inquiétude au moment de le confier. Mais une année passée à côtoyer les chefs et cheftaines l’avait rassurée. « Ils sont jeunes c’est vrai mais matures, sérieux, formés (BAFA), très présents et hyper investis auprès des enfants. » Chloé n’oublie pas qu’ils sont bénévoles, souvent étudiants : « Ils ont leurs études et leur vie de jeunes adultes à côté. Alors Chapeau ! »

« C’était trop bien ! »

Quand on demande à Anicet ce qu’il a préféré au camp, pas besoin de réfléchir longtemps : le four ! « On a creusé un trou, et puis on a installé une sorte de bidon en métal dedans… on a bricolé un conduit pour laisser passer la fumée. Et ça a marché ! J’ai jamais mangé une aussi bonne pizza et même des hamburgers ! » 
 
Anicet raconte avec excitation le parcours sportif qui passait « même au-dessus de la rivière », les repas au feu de bois et les chansons apprises ensemble. A l’écouter, chaque moment du camp est une petite aventure. Ses parents nous racontent qu’au moment de le récupérer sur le lieu de camp, Anicet s’est trouvé submergé par une émotion nouvelle : l’envie de pleurer de joie ! Son bilan est sans appel : « C’était trop bien ! » 
 
Pour Chloé, derrière toutes ces aventures se joue aussi quelque chose de plus profond : « À l’école, il y a l’apprentissage, là, il y a ce côté vivre ensemble et faire ensemble. » Faire la cuisine, les services, construire ou vivre dans la nature n’a rien d’extraordinaire en soi ; ce qui compte, pour elle, c’est d’apprendre à le faire avec les autres.

Devenir « copain avec toutes et tous »

En début d’année chez les Louveteaux-Jeannettes, Chloé voyait Anicet rester avec les anciens Farfadets qu’il connaissait déjà. Au camp, quelque chose s’est élargi. D’ailleurs, à la fin du camp, Anicet reçoit l’atout « Solidaire » (un écusson qui vient reconnaître une qualité chez un ou une jeune et l’encourage à la développer), celui qui dit : « Je suis copain avec tous, ici et ailleurs. » Nathan, un de ses chefs vient alors lui parler : « Tu sais, Anicet, pour nous c’était vraiment une évidence. Tu es celui qui échange avec tout le monde, qui relie la peuplade ».

Anicet s’affirme

Chloé le remarque aussi une fois rentrée à la maison. Avec Abel, son petit frère, Anicet explique davantage, montre les choses, prend une posture de grand frère qui accompagne, il reproduit en quelque sorte l’attitude de louveteaux plus âgés et de chefs. 

Une petite scène l’a particulièrement marquée pendant les vacances après le camp. Un enfant jette une canette par terre. Anicet réagit : « Non maman, ce n’est pas possible, on ne peut pas laisser faire ça. » Il n’ose pas encore aller parler au garçon. Alors il se lève, ramasse lui-même la canette et la met à la poubelle en espérant que sa démarche sera remarquée. Il revient fier de l’avoir fait. Cette réaction est le signe qu’à sa façon, Anicet s’affirme plus dans son engagement au quotidien pour le respect de la nature. 

Pour Chloé, cette année confirme ce qu’elle cherchait : une école de la vie avec les autres en tenant compte du monde qui nous entoure. Et le rythme d’environ un samedi sur deux lui plaît aussi. Il reste du temps pour une autre activité, pour la famille, une balade ou tout simplement pour se laisser le temps, ne rien faire. 

Aux parents qui hésitent encore à inscrire leur enfant, Chloé répond sans grand discours : « Il ne faut pas trop hésiter. Il faut essayer, et puis ils verront bien. » Quelques jours après son retour, Anicet a eu les larmes aux yeux. « Maman, je repense à tout ce qu’on a fait. J’aimerais bien retourner en camp. » 

En cette rentrée, la nostalgie du camp laisse place à l’envie de retrouver les copains et cette fois, ce sera aussi à lui d’accueillir les nouveaux.