Immersion dans… l’accueil auprès des exilés

Immersion dans… l’accueil auprès des exilés

Cinq compagnons (17-21 ans) du groupe Scouts et Guides de France de Béthune ont choisi de vivre la phase décentralisée du rassemblement Clameurs ! à Calais. En lien avec le Secours Catholique, Nina, Julien, Charlotte, Clémence et Vadim sont allés à la rencontre d’exilés. Un engagement concret et profondément humain, vécu avant de rejoindre la suite du rassemblement à Jambville, où quatre d’entre eux recevront le sacrement de confirmation. 

Depuis plus de dix ans, la paroisse Saint-François-d’Assise de Calais et le groupe local SGDF accueillent des équipes compagnons venues de toute la France. En cette mi-juillet, ces cinq amis d’enfance ont partagé le quotidien des bénévoles du Secours Catholique. Au programme : maraude dans les campements le matin, pour distribuer du thé, du café, recharger les téléphones, créer du lien. Accueil de jour l’après-midi, pour aider à la lessive, aux douches, à la vaisselle, ou simplement jouer avec les enfants. « Des gestes simples, mais essentiels », résume Clémence, « car ils rendent un peu de dignité à des gens qu’on ne regarde souvent qu’à travers le petit écran. » 

Une semaine au service pour accueillir dignement

Le rythme est soutenu, mais la mission a du sens. À travers les jeux, les sourires, les temps d’échange, une relation se tisse peu à peu, malgré la barrière de la langue ou des cultures. Le groupe côtoie également d’autres associations présentes sur place, chacune avec une mission précise : médecins, juristes, animation, soutien logistique… « C’est une vraie communauté d’entraide, où tout le monde fait sa part », observe Vadim. 

Quand les cœurs s’ouvrent, les regards changent 

Julien se souvient d’un moment fort : « Je ne parlais pas sa langue, lui pas la mienne. Mais quand j’ai mimé un moonwalk façon Michael Jackson, en le taquinant sur son gilet, il a éclaté de rire. Dès le lendemain, il revenait chaque jour au campement. On avait brisé la glace. » D’autres souvenirs restent en mémoire : une jeune migrante enceinte dormant dehors après une tentative de traversée, un Érythréen demandant une croix pour se sentir protégé, un garçon qui voulait juste jouer au foot comme les autres. « L’exil ne les a pas rendus amers. Au contraire, ils ont gardé une incroyable joie de vivre. » 

Ce camp a changé leur regard sur l’actualité, mais aussi sur leur propre vie. « Je me plains moins depuis, confie Nina. Et je vais récupérer tous les vieux duvets et tentes autour de moi. Maintenant, je sais où les amener. Et je sais que ça sert. » Ce temps fort, vécu en cohérence avec le message du pape, nourrit aussi leur foi. La démarche spirituelle de quatre d’entre eux, qui recevront leur confirmation à Jambville, s’enracine désormais dans une expérience concrète de fraternité. 

Une clameur à faire entendre 

À quelques jours du grand rassemblement, les cinq compagnons portent une clameur qu’ils souhaitent transmettre aux autres équipes : celle d’oser l’inconfort, la rencontre, l’action. « Et toi, compagnon ? Ose aller vers, contacte une association. Tu recevras autant que tu donneras. Un sourire, un moment de jeu, une oreille attentive… ces gestes comptent autant qu’un repas ou un vêtement. »